dimanche, février 18, 2018

NÉO-FÉMINISME : UN COMBAT POUR LA DOMINATION EN UTILISANT LA VIOLENCE

NÉO-FÉMINISME : UN COMBAT POUR LA DOMINATION EN UTILISANT LA VIOLENCE

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Mon amie Marcela Iacub a identifié une partie du problème : « Ils (les néo-féministes) pensent que les femmes sont des êtres différents et que leur émancipation passe avant tout par des sanctions pénales et civiles appliquées contre les hommes. Pour eux, il n’y a pas d’autre horizon politique que la violence institutionnelle ».

L’enjeu n’est pas l’émancipation Marcela, mais comme d’habitude, le Dieu caché est le combat pour le pouvoir, et ce qui l’accompagne. Et avec des méthodes, dont on sait très bien sur quoi elles peuvent déboucher.
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Le retour du héros

Ca ne vaut pas Les mariés de l'an II, mais ça se laisse voir. Une erreur historique : pas de Cosaques en Bourgogne en 1813. Mais bon, l'ensemble est plutôt sympathique, notamment la scène du duel. Dommage que tout le film n'ait pas cette qualité.


Sida mental

Cette réflexion a commencé avec le dialogue ci-dessous.

La discussion s'engage à propos de l'évêque de Canterbury, Mgr Welby, qui ne voit pas d'inconvénient à ce que le prince George, futur defensor fidei, se convertisse un jour au bouddhisme (il n'y a pas que l'islam dans la vie).

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Bien entendu, je suis prêt à le parier, Welby ne sait probablement rien de vraiment précis sur les bouddhismes (les journées n’ont que 24 h), en sorte que, peut-être, il serait tenté de penser que toutes les religions sont sympa. Et des espèces de christianisme exotiques.
Il est au surplus devenu banal de confondre le respect des personnes avec l’approbation spontanée et globale de leurs modes de pensée et de comportement.




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      Les anglicans sont encore plus affligeants que les catholiques.
      De plus, il y a bien souvent chez les clercs une tendance à la veulerie.
      Il est clair que cet archevêque est un escroc : il ne croit pas en ce qu'il affiche comme étant sa raison de vivre ("Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi" : c'est très clair, le bouddhisme est inférieur, du point de vue du Salut, au christianisme).
      Ce genre d'escroquerie est particulièrement fréquente chez ceux qui font profession de vivre de leurs idées et de leurs croyances : universitaires, politiciens, évêques etc.




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          Disons que c'est un enfant du siècle.
          Pour la petite histoire biographique, Welby n'est pas vraiment un produit de serre chaude ecclésiastique ou universitaire. Après des études d'histoire et de droit, il a travaillé 11 ans dans des compagnies pétrolières, dont 5 ans chez Elf-Aquitaine. Ce n'est qu'ensuite qu'il s' est découvert une vocation ecclésiastique.
          Tous les milieux sont atteints.
          J'ai eu des échanges sympathiques mais désespérants avec tel homme du monde des affaires sur l'islam. Et qui n'était certainement pas un imbécile. Ayant fréquenté ses pairs du Proche-Orient, qui lui ont paru hautement modernes et civilisés et qui l'ont assuré du caractère innocent de l'islam, il n'a jamais voulu croire à mes mises en garde. D'ailleurs, j'étais "essentialiste", chose très grave (cet adjectif sert d'argument choc). Il n'y a pas un islam, mais des islams, etc.




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              J'ai beaucoup de mal à comprendre cette lâcheté (je suis intimement persuadé qu'il s'agit de lâcheté et non d'aveuglement, même si les deux se recoupent) intellectuelle et même psychologique (certains ont vu leur épouse ou leur fille assassinées par des djihadistes et ont continué à défendre le multiculturalisme, on n'est plus dans l'intellectuel à ce stade, on est dans la maladie mentale).
              C'est à proprement parler un sida mental, un effondrement des défenses immunitaires.
              Toutes les explications qui me viennent à l'esprit me semblent partielles. Je vois bien sûr qu'il y a une forte composante sociale, le peuple d'en bas est beaucoup moins touché par cette folie, mais je n'ai pas d'explication qui me satisfasse.
              Pourtant, je me dis que ce phénomène est si répandu et si particulier que l'explication doit être évidente et que je ne la vois pas.




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          L'expression « sida mental » me vient évidemment de Louis Pauwels, dont il est utile de rappeler l'éditorial du 6 décembre 1986 :

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          Ce sont les enfants du rock débile, les écoliers de la vulgarité pédagogique, les béats nourris de soupe infra idéologique cuite au show-biz, ahuris par les saturnales de « Touche pas à mon pote ». Ils ont reçu une imprégnation morale qui leur fait prendre le bas pour le haut. Rien ne leur paraît meilleur que n’être rien, mais tous ensemble, pour n’aller nulle part.

          Leur rêve est un monde indifférencié où végéter tièdement. Ils sont ivres d’une générosité au degré zéro, qui ressemble à de l’amour mais se retourne contre tout exemple ou projet d’ordre. L’ensemble des mesures que prend la société pour ne pas achever de se dissoudre : sélection, promotion de l’effort personnel et de la responsabilité individuelle, code de la nationalité, lutte contre la drogue, etc, les hérisse.

          Ce retour au réel leur est scandale. Ils ont peur de manquer de moeurs avachies. Voilà tout leur sentiment révolutionnaire. C’est une jeunesse atteinte d’un sida mental. Elle a perdu ses immunités naturelles ; tous les virus décomposants l’atteignent. Nous nous demandons ce qui se passe dans leurs têtes. Rien, mais ce rien les dévore.

          Il aura suffi de cinq ans pour fabriquer dans le mou une telle génération. Serait-ce toute la jeunesse? Certainement pas. Osons dire que c’est "la lie avec quoi le socialisme fait son vinaigre."
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          Ce sida mental est très répandu (on le retrouve ici ou ), il s'étend de la complicité active à la simple incapacité à accepter une défense radicale de nos moeurs.



          Et je ne comprends pas la cause de ce sida mental. J'ai des explications, (télévision, espérance de vie, matérialisme, ...) mais elles me paraissent toutes partielles.

          La seule explication « totale » que je connaisse est celle de Chesterton : la peste noire. Elle a diminué le vivier de clercs, faisant baisser la qualité des théologiens, d'où la Réforme, d'où la division dans l'Eglise, d'où le sida mental. Ca me semble un peu tiré par les cheveux.

          Et vous ? Une explication pour le sida mental ?










          Alain Wagner sur l'islamisation




          Comme 99 % des spectateurs, je ne suis pas allé vérifier, comme il nous y invite, ce qu’Alain Wagner nous raconte. Je soupçonne de sa part une petite habileté rhétorique. Mais, pour ce que je connais, c'est juste. En tout cas, son exposé est très clair.

          Je suis intéressé par les commentaires de barbus sous sa video : ils ont réponse à tout et, surtout, on y reconnaît le ton sentencieux immanquable de l'idéologie.

          A la question « Pourquoi les dirigeants ne défendent pas l’Europe contre l’islamisation, voire la favorisent ? », Chesterton a déjà répondu en 1914 : le christianisme est exigeant avec les dominants alors que, au contraire, l’islam justifie leur domination. Autrement dit, l’islamisation est une facilité pour les dominants afin de garder leur pouvoir. Ou, au moins, un petit bout de celui-ci : c’est bien ce qui s’est passé lors de l’islamisation de l’orient. Les chrétiens et les juifs ont perdu leur liberté mais certains chrétiens et certains juifs ont servi les nouveaux maîtres avec profit.

          Et puis, l’islam a cet argument, à mon sens faux et sans poids, mais qui séduit les imbéciles, les lâches et les arrivistes, que l’islam est dans le sens de l’histoire.

          Quant aux peuples européens, ils ont plus envie de se défendre que leurs dirigeants (de nombreux signes le prouvent), mais ils n’ont ni l’énergie ni l’organisation. C'est le sida mental.











          samedi, février 17, 2018

          Jawad le révélateur

          Jawad Bendaoud ou l'ère du vide

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          Durant les audiences, Jawad Bendaoud se montrera profondément insensible au sort des 400 blessés et 130 tués durant ce vendredi sanglant. « Moi je suis comme le gars de l'imprimerie dans laquelle les frères Kouachi se sont planqués, j'ai pas choisi », ose-t-il. Ou encore: « Je voulais monter un nouveau point de vente de cocaïne, mais maintenant personne ne voudra s'associer avec moi. » Des «punchlines» involontairement comiques, mais qui font rire jaune. Et qui révèlent un nihilisme et un relativisme effrayant. Si l'absence de tout sens moral, l'indigence intellectuelle et l'indifférence complète à l'égard de l'Autre étaient punissables par la loi, Jawad Bendaoud aurait mérité la perpétuité.

          « Ces gosses n'ont aucune empathie. Ils sont tous soudés par l'obsession morbide du tout, tout de suite », écrivait Morgan Sportès à propos du « gang des barbares » dans son livre consacré à l'affaire Ilan Halimi. Après la lecture de cette œuvre, Simon Leys, qui fut l'un des premiers intellectuels à dénoncer la Révolution culturelle chinoise, s'interrogea: « Existe-t-il encore une civilisation européenne ? » Bendaoud est le visage de la désintégration de certaines banlieues. Le pantin déculturé de l'ère du vide. L'enfant du consumérisme et de la téléréalité. Sur Twitter et Facebook, sa vidéo filmée par BFMTV, juste avant son interpellation, en a fait, pour un instant, la nouvelle star. Pour la justice, c'est un délinquant, pas un terroriste. Certes. Mais, comme les tueurs du 13 novembre se sont installés chez Jawad, c'est sur un terreau favorable, celui de notre néant culturel et moral, que s'installe l'idéologie islamiste.
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          A la question de Simon Leys « Existe-t-il encore une civilisation européenne ? », nous connaissons aujourd'hui la réponse : non.

          Parce que la civilisation est ce qui se transmet et que nous n'avons rien transmis à la génération suivante. Il existe encore des hommes porteurs de la culture européenne, mais ils sont isolés, atomisés. Précisément, ils ne font plus une civilisation.

          Enfin, ceux qui appellent à une modernisation de l'islam, ou plutôt à une post-modernisation de l'islam, sont des crétins et des fous. L'islam post-moderne existe déjà : c'est l'islamisme djihadiste. La dernière phrase de l'article l'explique très bien.





          jeudi, février 15, 2018

          Bitophobie ordinaire

          Éric Zemmour : « L'éternel féminin, impossible à dépasser »

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          Alors, pourquoi une telle opposition entre la réalité féminine et le discours féministe ? Là aussi, notre auteur, après avoir endossé son armure d'études, ose transgresser un autre tabou: « Si environ 5,5 % de la population féminine générale n'est pas “exclusivement hétérosexuelle”, le pourcentage s'élève à près de 45 % chez les militantes féministes. »
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          Autrement dit, Peggy Sastre confirme avec des chiffres l’intuition populaire que les féministes sont très souvent des gouines et des mal-baisées, des femmes qui détestent plus (ou aiment moins) les hommes que la moyenne.

          Le populo a tout simplement l'expérience du quotidien : les féministes que l'on a autour de soi sont très rarement des femmes épanouies avec un homme. Ce sont souvent des célibataires aigries, des divorcées abandonnées, des femmes sur le retour, des mal dans leur peau ou des lesbiennes. Il suffit de voir la tronche revêche de Caroline de Haas pour comprendre le problème.

          Et ce sont ces gens gouvernés par leur ressentiment et par l'aigreur qu'on laisse dominer la parole publique.

          Inversement, les séductrices ne sont pas féministes, parce que le féminisme militant les prive de leurs armes : si flirter avec l'aguicheuse fait courir à l'homme le risque de perdre son boulot, l'aguicheuse perd son pouvoir.

          Le féminisme est aussi (surtout ?) la guerre des renfrognées contre les séduisantes.




          Une grande cause nationale

          7 000 cafés ferment chaque année : ça suffit !

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          Il y avait 600 000 bistrots en France en 1960, il n'en restait plus que 34 000 en 2016. France Boissons refuse de voir disparaître les derniers cafés de nos villages et réclame l'inscription du café français au patrimoine de l'Unesco.
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          Vite, je vais aller me jeter un petit au bistro du coin, par pur patriotisme.







          Le bistro de quartier 1978

          Maëlys, Bendaoud : la justice saisie par la culture de l’excuse

          Maëlys, Bendaoud : la justice saisie par la culture de l’excuse










          Combaz, Campagnol, Hollande

          mercredi, février 14, 2018

          L'école avant Jules Ferry

          Saint François d’Assise était-il un mâle alpha ?

          Certains des commentateurs de ce blog ont tendance à se réfugier dans l’animalisme (je ne sais pas si c'est vraiment le bon terme), le contraire de l’anthropomorphisme.

          Selon cette vision, nous serions une troupe de chimpanzés à peine évolués et tous nos problèmes politiques s’analyseraient en termes de mâle alpha, de mâle bêta et de taux de testostérone.

          C’est pourquoi je pose cette question simple : Saint François d’Assise était-il un mâle alpha ?

          dimanche, février 11, 2018

          Université

          Le naufrage de l'Université occidentale m'est un crève-coeur.

          Les causes sont connues : lâcheté et négligence face à l'entrisme gauchiste et à la massification.

          Le résultat aussi est connu : fabrication de générations de demi-intellectuels tarés.

          Et les conséquences également : pourrissement liberticide du débat intellectuel par la bêtise la plus crasse et très sonore, braillarde comme pas possible.

          Mais les dégâts à plus long terme sont aussi politiques : quand la liberté intellectuelle disparaît, il ne faut pas longtemps pour que la liberté tout court suive. Nous le voyons tous les jours






          Source: Simon Leys, L'Ange et le Cachalot, Seuil, 1998, p. 11.

          Si l'on considère les plus grands maîtres à penser de l'humanité – le Bouddha, Confucius, Socrate, Jésus –, on est frappé par un curieux paradoxe : aujourd'hui, aucun d'entre eux ne pourrait obtenir ne fût-ce qu'un modeste poste d'enseignant dans une de nos universités. La raison en est simple : leurs qualifications sont insuffisantes – ils n'ont rien publié. (Il n'est pas impossible que Confucius ait édité certains textes, mais, comme tous les universitaires le savent, les travaux d'édition font un peu figure de rembourrage dans un curriculum vitæ – on ne peut pas dire qu'ils comptent vraiment.)


          La distinction des ordres

          Simon Leys

          N° 150 Été 2015

          Citation


          Source: Simon Leys, Le Studio de l'inutilité, Flammarion, 2012, p. 289-290.

          Si l'exigence d'égalité est une noble aspiration dans sa sphère propre – qui est celle de la justice sociale –, l'égalitarisme devient néfaste dans l'ordre de l'esprit, où il n'a aucune place. La démocratie est le seul système politique acceptable, mais précisément elle n'a d'application qu'en politique. Hors de son domaine propre, elle est synonyme de mort : car la vérité n'est pas démocratique, ni l'intelligence, ni la beauté, ni l'amour – ni la grâce de Dieu. (La grâce de Dieu : des auditeurs m'ont demandé si j'étais janséniste. Il n'en est rien. Je pensais seulement à la parabole des Ouvriers de la onzième heure et à celle du Fils prodigue. Les ouvriers qui n'ont travaillé qu'en fin de journée reçoivent une aussi belle récompense que ceux qui ont trimé depuis l'aube. Le jeune voyou qui rentre à la maison après mille frasques est fêté comme un prince par son père, alors que son aîné, qui fut toujours attentif et zélé, ne bénéficia jamais d'une telle faveur. Réconfortante leçon : nous ne méritons rien, mais nous recevons tout. Tandis que le janséniste qui mérite tout craint de ne rien recevoir.) Une éducation vraiment démocratique est une éducation qui forme des hommes capables de défendre et de maintenir la démocratie en politique ; mais, dans son ordre à elle, qui est celui de la culture, elle est implacablement aristocratique et élitiste.

          Puisque vous aimez Peterson :












          France : la fausse mémoire des régionalismes

          Superbe chanson bretonne :




          Sauf que cette chanson n'est bretonne que depuis les années 70 (oui, 1970). Elle est probablement d'origine bourguignonne et les couillons qui en applaudissent la celtitude me font bien marrer.

          Quant à la superbe langue corse, bâtarde de génois, elle est tellement bien ancrée qu'on ne parle pas la même à un bout et à l'autre de cette petite île et que personne n'avait songé à l'écrire jusqu'à récemment.

          Et je passe sous silence le catalan, qui est à peu près aussi ancien que Julio Iglesias.

          En France, les régionalismes m'énervent pour bien des raisons, souvent politiques. Mais, en deçà de la politique, ce sont des masturbations d'intellectuels étriqués, d'imbéciles qui se regardent le nombril, et qui aboutissent à quoi ? A des mensonges, à des histoires à dormir debout. Cela me semble une raison suffisante pour ne les aimer point.

          Dans l'ère du « moi, moi, moi », le moi régionaliste n'est pas le moins ridicule.

          Il est vrai que la France fait ce qu'elle peut pour ne pas être aimable. Les raisons d'être fier d'être français appartiennent plus au passé qu'au présent ou même qu'à l'avenir. Ceci explique sans doute cela.



          Du Dhimmi à la dhimmitude : chronique d’une soumission annoncée de l’Europe, rencontre avec l’écrivain islamiquement incorrecte Bat Yé’or

          Du Dhimmi à la dhimmitude : chronique d’une soumission annoncée de l’Europe, rencontre avec l’écrivain islamiquement incorrecte Bat Yé’or


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          Alexandre del Valle : D’après vous, le terrorisme islamiste n’est pas un épiphénomène qui n’aurait « rien à voir avec l’islam », vous le resituez dans le cadre d’une idéologie, celle du Jihad, dont les concepts seraient millénaires et découleraient de l’impératif d’islamisation de la planète.

          Bat Yé’or : En effet, ce qu’on appelle terrorisme islamiste est une tactique de guerre clairement exposée et détaillée par des juristes dans tous les traités du jihad. Elle s’inscrit dans une stratégie religieuse dont le but consiste à faciliter la conquête militaire par l’affaiblissement de la population ciblée. L’exécution de ses manoeuvres doit se conformer à un corpus de règles religieuses dont les sources sont le Coran, la Sunna et les biographies du Prophète, notamment ses expéditions militaires prises comme modèles. Ces tactiques jihadistes furent pratiquées au long des siècles contre les Etats chrétiens à leurs frontières même et sur leurs côtes maritimes. Au XIXe siècle, l’Europe, mais surtout l’Angleterre put imposer au sultan ottoman menacé par la Russie, le principe de relations internationales pacifiques. L’arrêt des combats contre Etats mécréants est prévu dans le droit du jihad mais seulement sous certaine condition et comme armistice provisoire assortie de conditions et valable pour dix ans renouvelable. Le critère temporaire se justifie par l’interdiction d’une paix définitive entre musulmans et mécréants.

          Dans tous vos ouvrages, vous développez toujours ensemble les questions de la dhimmitude et du jihad, en quoi ces deux notions sont-elles inséparables ?

          La dhimmitude est inséparable du jihad parce qu’elle en est le but. On fait le jihad pour imposer l’islam aux populations non musulmanes. Si elles refusent de se convertir les païens sont exterminés ou réduits en esclavage, mais les peuples disposant de religions révélées : juifs, chrétiens, zoroastriens sont épargnés s’ils se soumettent aux armées musulmanes sans combat. Leur acte de soumission implique l’annexion de leur pays au domaine islamique régie par le droit islamique et un statut – celui de la dhimmitude – assortie de nombreuses contraintes. Ce statut de dhimmitude leur confère la sécurité en tant qu’infidèles soumis. C’est uniquement dans cette situation qu’ils sont tolérés dans leur propre pays. La formule tant vantée : territoires contre paix et sécurité, rétablie les termes de soumission de la dhimmitude par la cession de territoires à l’islam.

          Bien que juive, vous déplorez souvent dans vos ouvrages et prises de position, le côté suicidaire de l’Occident chrétien, sa dhimmitude volontaire, et sa passivité devant la destruction des chrétientés orientales, comment expliquez-vous cela ?

          Je ne vois pas de contradiction dans cette attitude mais bien une confirmation de ma judéïté. C’est bien parce que le judaïsme s’ouvre sur l’universel qu’il a inspiré l’éclosion de deux autres religions. Les prophètes d’Israël ont béni tous les peuples de la terre sans exclusive et à l’époque ils étaient tous païens. La notion de Juste parmi les nations est très ancienne dans la Bible.

          Je différencie entre les politiques de chefs responsables et les populations qui en sont les victimes. Je critique et condamne des idéologies que je juge criminelles et ceux qui les appliquent délibérément mais je n’y associe pas forcément des foules conditionnées ou terrorisées qui inconsciemment en furent les instruments. J’ai dénoncé l’antisémitisme/antisionisme et les discordes des chrétiens dhimmis mais je les ai expliqués dans le contexte de la dhimmitude. Pour moi ces populations sont des victimes.

          A toutes les époques des chrétiens dénoncèrent et combattirent l’antisémitisme, parfois avec succès mais d’autres fois ils échouèrent. Citons le mouvement des Lumières et d’émancipation en Europe et dans le monde musulman pour abolir la dhimmitude des chrétiens et des juifs, l’engagement de chrétiens dans le sionisme et pour la réhabilitation de Dreyfus. Plus près de nous, ceux qui aidèrent les juifs dans l’Europe nazie et ceux qui aujourd’hui soutiennent Israël. J’estime que la civilisation judéo-chrétienne a donné à l’humanité ses plus hautes valeurs. Ce sont celles-ci qui sont menacées par une barbarie haineuse planétaire détruisant les fondements de la culture, de la liberté et de la dignité humaine. Je déplore le soutien délibéré de l’UE et de ses Etats membres à ce tsunami et je m’afflige sur ses victimes si vulnérables abandonnées au bénéfice de politiques cyniques, de profits économiques et d’objectifs haineux.

          Pour conclure, quel regard portez-vous sur le président américain Donald Trump qui semblait au début de son mandat à la fois vouloir calmer le jeu avec la Russie et désigner l’ennemi islamiste commun ?

          Dans cette courte période le président Trump a subi des attaques d’une violence inouïe du parti démocrate perdant et d’une Europe tétanisée par l’anticipation de sa politique d’immigration et au Moyen-Orient. En effet Trump abattait tout l’échafaudage d’affabulations spécieuses créées par la politique propalestinienne de l’UE et par ses financements occultes de mouvements racistes et criminels palestino-nazis exposés par l’organisation NGO Monitor. Quant à la Russie, le laisser-faire d’Obama constitue un obstacle à cette politique compte-tenu de la forte présence russe au Moyen-Orient. Malgré la campagne anti-Trump beaucoup de peuples européens souhaiteraient avoir un président comme Trump.
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          Peterson contre Newman

          Puisqu'il paraît que ça fait le tour du oueb :




          Cette video n'est extraordinaire que parce que l'invité se comporte comme devrait se comporter tout invité à la télé : poli mais ne lâchant rien et ne se soumettant pas.

          C'est un symptôme du naufrage du débat démocratique (au sens le plus noble) que cela nous semble remarquable.

          Bien sûr, nous savons tous, intuitivement ou consciemment, que les émissions de « débat » sont destinées à mettre en valeur le présentateur, à montrer comment il règne sur ses invités, les domine et, très souvent, les humilie. Quand ça ne marche pas comme prévu, on est tout surpris.

          Sinon, l'argumentaire de Peterson est solide, c'est du bon travail d'artisan, même s'il a un coté nord-américain prononcé : il fait un peu trop intervenir la biologie, pas assez la culture et la tradition.



          samedi, février 10, 2018

          Connerie féministe : attendre que ça passe ?

          L’affaire Hulot à l’ère de la grande confusion du #BalanceTonPorc : qui sait encore donner du sens au moloch politico-médiatique ?

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          Je ne crois pas qu’on puisse pousser très loin l’opposition des situations françaises et américaines, dans la mesure où les phénomènes de mode idéologique et d’emballement médiatique sont les mêmes des deux côtés de l’Atlantique – l’Amérique donnant d’ailleurs le ton en matière de « politiquement correct ». La « confusion », en matière de politisation et de médiatisation de l’intime, est structurelle : on s’efforce de produire de la transparence et un discours simple dans un domaine opaque et ambigu par essence. Au sein de la zone grise que l’on entreprend d’explorer, et qui s’étend du viol au rapport de séduction heureux et harmonieux, tous les cas de figure et toutes les interprétations sont possibles. En matière de harcèlement sexuel, la confusion est du reste d’ores et déjà inscrite dans la loi française depuis 2002 - la réécriture de la loi ayant délibérément omis de donner de la notion une définition précise et rigoureuse.

          Nous sommes donc je pense, pour le meilleur et pour le pire, durablement voués à la confusion des problèmes, de l’information et de la discussion. Pour le meilleur, parce cette confusion permet en effet de débattre de questions dont on ne débattait pas auparavant, et de mettre au jour quelques injustices. Pour le pire, on le voit tous les jours, parce que l’objectivité, la mesure et l’honnêteté intellectuelle ne sont pas les points forts des médias et des idéologues qui, sur ce sujet, travaillent main dans la main.

          […]

          A propos des ennuis des ministres, on peut noter que les politiques creusent leur propre tombe en se plaçant sous l’emprise du populisme médiatique. Chaque gouvernement rajoute une couche de « moralisation de la vie publique » et se prend ensuite le boomerang sur le front. L’argent et le sexe sont désormais les deux thèmes du débat démocratique « grand public ». Le gain est que les hommes qui aiment trop les femmes ou les costumes de luxe ne peuvent plus faire de politique. La perte est qu’on ne plus parler ailleurs que dans de petits cercles élitistes du gouvernement et de l’avenir de la France. Chacun jugera s’il convient de voir dans cette évolution un progrès de notre démocratie.

          La cause profonde des emballements médiatiques absurdes auxquels nous assistons en matière de pseudoaffaires de moeurs est à mon sens à situer dans le tournant pris par le féminisme à l’occasion du débat sur la parité, durant la période de la cohabitation Chirac/Jospin. Auparavant, toutes les conquêtes féministes étaient parfaitement en phase avec l’humanisme libéral. Le féminisme avait alors pour adversaire une pensée conservatrice différencialiste, qui justifiait la différence des droits et/ou des devoirs de l’homme et de la femme par la différence de nature. Comme en matière d’antiracisme, le progressisme féministe était anti-essentialiste : l’objectif était de faire de la femme « un homme comme les autres ». On a oublié que nombre de féministes, sur la base de cette conception humaniste et universaliste du féminisme, se sont à l’époque opposées à la parité.

          La notion même de parité suppose en effet la distinction de deux humanités définies par la nature : l’humanité mâle et l’humanité femelle.

          Le féminisme qui s’est imposé lors du débat sur la parité se conçoit donc comme un progressisme différencialiste. De même que le néo-antiracisme est un antiracisme essentialiste et différencialiste, un racisme inversé en réalité, le nouveau féminisme est un sexisme inversé, qui reconduit les stéréotypes sexistes – la femme est faible, pure et innocente, l’homme, violent et dominateur – tout en inversant les signes. Ce néo-féminisme est particulièrement adapté à la politisation de l’intime, dans la mesure où en matière de sexualité et de séduction, la différence des sexes paraît insurmontable. La stratégie argumentative et politique consiste donc à construire l’image d’une femme faible et souffreteuse, incapable de se défendre par elle-même face aux « prédateurs » qui la « sidèrent » avant de l’agresser, et qu’il importe de protéger au moyen d’une législation prohibitive. Le complément indispensable de ce dispositif est la confiance aveugle en la parole de la femme - pure et innocente par nature -, afin que cette parole puisse avoir valeur de preuve. On n’en pas encore là, fort heureusement, sur le plan du droit, mais cet imaginaire domine désormais l’espace médiatique, installant en France comme aux Etats-Unis une culture de la délation.

          Concernant l’avenir, je suis optimiste pour le long terme mais plutôt pessimiste à court terme. Je pense qu’il va falloir faire avec le délire néo féministe un bon moment. Un retour de balancier se produira, mais aucun intellectuel ni aucun politique n’est en mesure de le provoquer. On pourrait comparer ce qui se passe aujourd’hui avec l’emballement politico-médiatique qui s’est produit il y a quelques années autour de la pédophilie. La dérive fut stoppée net par l’affaire d’Outreau. Il est possible qu’une affaire du même genre conduise l’opinion à basculer sur ces questions de harcèlement sexuel.

          La limite de la comparaison réside toutefois dans le fait que l’emballement médiatique autour de la pédophilie n’était pas alimenté par l’idéologie comme l’est le mouvement de délation des pratiques masculines « inappropriées » à l’égard des femmes. Une autre comparaison peut sur ce plan être faite avec la domination du marxisme en France, des années 50 aux années 70 du vingtième siècle. Le néo féminisme est un nouvel opium idéologique - opium des intellectuels mais aussi, dans le cas présent, opium des médias et des réseaux sociaux.

          Une telle mode idéologique peut durer plusieurs décennies. Il est en tout cas difficile de prévoir son terme.

          Tant que durera l’emprise du néo féminisme, quiconque aura une position équilibrée et raisonnable passera pour un « conservateur » ou un « réactionnaire » et restera quasi-inaudible. On continuera à mettre en place des Hauts conseils ou des ministres dont la fonction sera de donner un caractère officiel au délire idéologique commun. Dans l’attente que cela cesse – et cela cessera, comme a fini par cesser l’emprise du marxisme –, il faut faire de la résistance, en anticipant notamment les dérives juridiques possibles, car c’est à ce niveau que se situe le véritable danger, comme le voit en Suède, où se prépare une loi instituant le viol « par négligence ». Il importe de ne pas fuir le problème ni la discussion, en adoptant la posture qui fut celle de Raymond Aron en son temps : injurié, méprisé, isolé, il tenait stoïquement le langage de la raison, entreprenant de discuter calmement les arguments des plus délirants, et persévérant dans la volonté de convaincre ceux qui préféraient avoir tort avec Sartre.
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          Je suis loin de partager ce relatif optimisme à long terme.

          Acceptons le parallèle avec le marxisme.

          On voit bien alors que les dégâts provoqués lors de la période où l'idéologie est la plus virulente sont considérables, que leurs effets sont irréversibles et que l'idéologie, même atténuée, ne disparait jamais complètement et sa nocivité continue en sourdine.

          Je pense que le problème du néo-féminisme hystérique « des pétasses bitophobes du MLF de Kensington City en Californie » comme dit Desproges, va être résolu autrement : par l'islamisation. Je ne le souhaite pas et je ne m'en réjouis pas, mais c'est ce qui nous pend au nez.

          Et les pétasses bitophobes du (etc.) seront contentes car c'est au fond ce qu'elles cherchent : la séparation des hommes et des femmes et je soupçonne que beaucoup d'entre elles sont des névrosées qui se plieraient très bien à une remise à leur place par un « vrai mâle » tel qu'elles l'imaginent dans leurs cerveaux grillés par la connerie.

          En fait, ce sont de pauvres connes incapables d'assumer avec raison et mesure la liberté qui leur est donnée, elles en font trop et ne se calmeront que le jour où on les remettra à leur place. Ce sont des enfants de dix ans qui jouent avec une mitrailleuse : il faut leur retirer la mitrailleuse et les mettre au coin après une paire de gifles.

          Mais tout cela n'est pas que de la faute des femmes : je suis navré de la lâcheté des hommes publics sur ces questions. A part un Zemmour qui ne lâche rien, combien sont-ils à s'opposer aux délires néo-féministes non pas dans quelques circonstances particulières « elles ont raison mais elles s'y prennent mal » mais au fond « elles ont tort, complètement tort, et voici pourquoi » ?

          Considérer que les hommes n'ont plus le droit de parler des femmes et du féminisme, ou seulement pour approuver servilement, c'est écoeurant de connerie.



          vendredi, février 09, 2018

          Quand Desproges se moquait « des pétasses bitophobes du MLF de Kensington City en Californie » ...

          Reprendre le contrôle des zones de non-droit

          Reprendre le contrôle des zones de non-droit

          Enfin une démarche ferme et réaliste

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          Concrètement, l’idée consiste à effectuer des opérations spéciales de remise en ordre, au cours desquelles le quartier ciblé est investi par d’importantes forces de police qui s’y installent à demeure et en contrôlent les entrées et les sorties. Présentes au moins pendant trois mois, elles ont pour mission de permettre à tous les services de l’État de normaliser la situation. Les clandestins et les délinquants étrangers sont interpellés et aussitôt expulsés. Les trafiquants sont arrêtés et incarcérés. Des fouilles systématiques sont effectuées pour y découvrir les caches et saisir la drogue et les armes. Les fauteurs de trouble sont mis à l’écart et les étrangers parmi eux voient leur permis de séjour supprimé. Les familles indésirables sont reléguées hors de la cité. La liste des locataires est revue pour, le cas échéant, rééquilibrer la population des résidents en offrant des logements à des familles sans histoire au détriment des locataires à problèmes.

          À l’issue de l’opération, le quartier est confié à un réseau serré de gardiens appartenant à un corps supervisé par l’État et recrutés parmi les jeunes retraités sous-officiers de l’armée. Formés à gérer les situations à risque par des méthodes psychologiques ou par le recours à la force, ces gardiens qui seraient présents nuit et jour auraient pour mission de gérer les incivilités et d’éviter que les trafics ne se reconstituent. Ils seraient au quotidien les représentants permanents de la puissance publique. Une fois apaisés, les quartiers en question pourraient alors bénéficier d’une assistance sociale privilégiée chargée d’aider les jeunes à trouver une formation ou un emploi, à favoriser l’animation de la vie locale et à susciter l’intégration à la nation française.

          L’opération de reprise en main des cités serait légalement encadrée par une loi spéciale dérogatoire du droit commun. La situation étant exceptionnelle, elle justifierait en effet des mesures hors normes. Les cités seraient ainsi prises en charge les unes après les autres et gageons que ces manifestations d’autorité contribueraient progressivement à rétablir sur le terrain le rapport de force légitime, celui grâce auquel ce sont les voyous qui ont peur de la police et non l’inverse.
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          Au fait, quand commence le vrai procès Weinstein ?

          Le tribunal médiatique a jugé et condamné Harvey Weinstein, sans entendre la défense (c'est mieux. De toute façon, les accusateurs représentant le Bien, l'accusé est le Mal et ferme sa gueule).

          Quand a lieu le vrai procès ? Dans un tribunal, où les choses se passent avec un peu d'équité ? Peut-être jamais, puisque je ne suis même pas sûr qu'une plainte ait été déposée.

          Plus j'y réfléchis, plus je pense que Natacha Polony a raison : cette affaire est aussi et surtout un symptôme de déclin intellectuel. Et il convient d'ajouter : de déclin du courage.

          Qu'il ne se soit trouvé que quelques femmes pour protester contre ce mouvement caricatural, plein d'arrières-pensées pas jolies, jolies, liberticide, est une humiliation collective. C'est comme si nous portions tous autour du cou une pancarte « Je fais partie d'une société de crétins ».

          Duchesse de Cambridge : le gros dilemme

          Duchess of Cambridge faces Bafta dress dilemma as stars plan to wear black in protest

          Pour ceux qui vivraient sur la planète Mars : il s'agit de savoir si la duchesse de Cambridge, pour protester contre l'horrible harcèlement sexuel dont sont victimes toutes les femmes occidentales (mais seulement occidentales), va s'habiller en noir à une cérémonie d'autocongratulation de gauchistes richissimes et narcissiques.

          Passons sur le ridicule de l'idée : s'il y a une société au monde où les femmes ne sont pas victimes, c'est bien l'Occident. C'est d'ailleurs le fond du problème : il ne s'agit pas en réalité pour les femmes de lutter contre un péril imaginaire mais d'achever leur conquête du pouvoir en terrorisant les hommes par la soumission au soupçon permanent.

          Il y a peut-être encore plus terrifiant :



          Terrifiant, c'est le mot : cette pression du conformisme où toute expression de désaccord peut mener à la mort sociale et à la fin de la carrière est une insulte à la dignité humaine. C'est confondre l'humanité avec un troupeau de moutons.

          Que doit faire la duchesse de Cambridge ? Ne pas y aller : elle n'a aucun intérêt à fréquenter de saltimbanques immoraux au QI de bigorneaux mazoutés. Qu'elle se trouve une soirée en faveur des enfants malades.

          jeudi, février 08, 2018

          Après Darmanin ... (luttons contre la terreur)

          Après Darmanin, me voici obligé de défendre Hulot. L'actualité est cruelle avec moi !

          Accusations contre Hulot : la rumeur remplace la justice

          Ces gens ne sont pas à plaindre : ils ont semé le politiquement correct, je ne vais pas les plaindre quand il leur retombe sur la gueule. Qui sème le vent ...

          En revanche, je dois les défendre pour défendre nos principes.

          Une paire de claques bien sonore chez les cathos

          J'ai toujours eu des doutes : je soupçonne « chrétien de gauche » d'être un oxymore.

          En réponse à Jean-Pierre Denis : l’action chrétienne est une négociation perpétuelle avec le monde


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          La foi n’est pas destinée à finir dans les catacombes. « Le but n’est plus de peser, de compter ou de marchander, mais de privilégier l’exemplarité, l’espérance, la charité », écrit Jean-Pierre Denis. C’est beau. Mais l’exemplarité, l’espérance et la charité ne s’opposent pas au fait de peser, de compter et de marchander. Il n’y a pas de dissociation entre les bonnes œuvres de la foi et les bonnes œuvres du monde. Jean-Pierre Denis ne peut pas enjoindre le chrétien à remplacer sa nature – calculatrice, comptable, négociatrice - par la grâce. La grâce ne supprime pas la nature, mais la perfectionne, écrivait saint Thomas d’Aquin. Le rôle du chrétien n’est pas de laisser le monde suivre son cours et de faire le clown, de loin, sans se salir les mains, mais de mettre la main sur le gouvernail du monde pour le rediriger vers le Bien. Jean-Pierre Denis a les mains propres parce qu’il n’a pas de main [1].

          Cette dissociation entre la vie du monde et la vie de foi n’est pas corroborée par les Pères de l’Eglise. La vie du chrétien est un combat spirituel, une négociation permanente entre la grâce et la nature, l’esprit et la chair, la cité céleste et la cité terrestre. Que faisaient les premiers chrétiens, comme saint Justin, qui écrivaient des « Apologies » en forme de lettre au pouvoir Romain pour s’expliquer, se montrer et faire pression ? Que faisait saint Augustin en écrivant la Cité de Dieu, sinon entrer de plein pied dans la grande négociation entre les deux cités – terrestre et céleste - que doit entreprendre tout chrétien en son for intérieur ? Que faisait saint Thomas d’Aquin en écrivant la Somme contre les Gentils, sinon confronter la foi surnaturelle du chrétien avec la raison naturelle des païens, de peser, négocier et calculer avec et contre eux ?

          Si, comme l’écrit Finkielkraut, « le champ de débat contemporain est un face-à-face terrible et dérisoire entre le fanatique et le zombie », Jean-Pierre Denis joue bien le rôle du zombie et essaye de faire endosser aux autres le rôle du fanatique. Un chrétien, c’est un croyant qui sait que l’action divine le précède toujours, qui a le désir de vivre et d’agir ici-bas, qui a la volonté de construire et de faire perdurer une civilisation viable pour tous. Porté par les vertus théologales de foi, d’espérance et de charité, le chrétien rentre en négociation permanente avec le monde. Le rôle du chrétien n’est pas de laisser le monde suivre son cours, mais de mettre la main sur le gouvernail du monde.

          Vivien Hoch, docteur en philosophie
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           Je connais une forme brève de ce raisonnement :

          _ Jeanne, si Dieu veut la victoire des Français, qu'a-t-il besoin de vos armées ?

          _ Les hommes d'armes combattront. Et Dieu donnera la victoire.

          Mais bon, tous les philosophes n'ont pas le privilège d'être une sainte fulgurante.

          mercredi, février 07, 2018

          Chutes de neige et impéritie publique

          Chutes de neige et panique à bord: l’action publique devient obsolète en France



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          On pourrait pourtant imaginer qu’à la suite de chaque épisode neigeux qui paralyse le pays, nos services publics, dans une démarche qualité que n’importe quelle entreprise privée serait sommée de mettre en place, fassent la liste de ce qui n’a pas fonctionné et prennent des mesures efficaces pour éviter que cela ne se reproduise. Eh bien! si (on veut bien l’imaginer) d’interminables réunions doivent avoir lieu chaque année pour papoter sur les difficultés à venir, aucune décision efficace n’y est prise et la France paraît toujours aussi désemparée et fragile lorsque l’hiver arrive.

          D’où la sempiternelle redite, et le sempiternel recommencement du même désordre à chaque chute de quelques flocons. D’où le blocage rituel de la plus grande zone de conurbation d’Europe – l’Ile-de-France, comme si la neige y était exceptionnelle…

          On se demande comment font les villes canadiennes ou scandinaves, de taille bien plus modeste, pour ne pas être paralysée lorsque plusieurs dizaines de centimètres de neige tombent en une seule fois.

          […]

          On parle ici des routes qui se bloquent dès qu’une pellicule de neige les recouvre. On pourrait aussi parler des services de renseignement qui n’ont pas empêché l’attentat de Saint-Étienne du Rouvray, ou qui ont eu des réactions désastreuses lors de la tragique tuerie du Bataclan. On pourrait aussi parler du cataclysme éducatif, avec des établissements fermés pendant plusieurs mois sans stratégie alternative, des classes privées d’enseignants pendant de longues périodes, et un niveau éducatif général qui s’effondre. On pourrait aussi parler des hôpitaux publics où la souffrance des personnels trahit un malaise généralisé, malgré un endettement permanent du système sanitaire. On pourrait parler de ces médicaments vitaux qui coûtent trop cher pour être remboursés par la sécurité sociale. On pourrait parler de ces fraudes aux aides sociales devant lesquelles la sécurité sociale se croise les bras au nom d’une sensiblerie tout à fait coupable. En réalité, le service public français, protéiforme, lourd, complexe, n’est plus en mesure d’assumer ses missions fondamentales. On a beau nous répéter que l’État, c’est plus moral que le marché, que l’État, c’est l’intérêt général quand l’entreprise c’est le méchant intérêt particulier, une évidence s’impose en France: l’État ne fonctionne plus.


          On connaît la pleurnicherie traditionnelle selon laquelle l’État manquerait de moyens pour assumer ses missions. C’est évidemment une imposture qu’il est facile de démonter ligne après ligne pour peu qu’on ouvre les yeux en dépassant les cécités idéologiques.

          L’action publique française est la plus coûteuse de l’OCDE. Avec 57% du PIB recyclé en action publique, les pouvoirs publics français sont les mieux dotés du monde industrialisé. En grattant bien, on remarquerait d’ailleurs que cette dépense n’a jamais aussi peu servi à investir et n’a jamais autant servi à des charges de fonctionnement.

          Certaines sont scandaleuses, comme les salaires des hauts fonctionnaires de Bercy, épinglés par la Cour des Comptes sans que Bruno Le Maire, toujours prompt à donner des leçons de morale aux entreprises, ne prenne la moindre mesure pour rétablir la légalité dans ses services. Il serait intéressant que les hauts fonctionnaires en question publient leur fiche de paye. Le buzz qui s’ensuivrait remettrait quelques pendules à l’heure sur le prétendu manque de moyens de l’État.

          Le même mot d’ordre pourrait s’appliquer à l’Éducation Nationale, où des sommes colossales qui devraient servir aux élèves servent en réalité à nourrir une caste bureaucratique dans les rectorats et les administrations centrales. Le même prisme pourrait servir à comprendre le budget des universités, où le nombre d’administratifs rapportés au nombre d’étudiants est colossal.

          Dans tous ces exemples, une certitude apparaît: le gras, l’obèse service public français, est devenu si lourd et si peu agile qu’il n’est plus capable d’assumer ses missions fondamentales. Avec 57% de PIB, il ne parvient pas à délivrer les services pour lequel il existe.

          Non parce qu’il manque le moyen, mais parce qu’il n’est pas managé.
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          Bon, vous allez dire que je suis obsédé, mais, pour moi, c'est un nouvel avatar de la sécession des élites.

          Discuter avec un fonctionnaire a toujours donné l'impression d'être transporté dans la 12ème dimension : pas les mêmes préoccupations, pas les mêmes références, pas la même vie ... Mais les fonctionnaires faisaient au moins semblant de vivre dans le même pays et les chefs des fonctionnaires de s'en préoccuper.

          Même plus. les hauts fonctionnaires vivent dans leur monde à part.

          Tant que ces connards de moutontribuables continuent de payer les impôts qui nous font vivre, nous l'élite des ponctionnaires, pourquoi on se casserait le cul à s'en soucier ? Et s'ils arrêtent de payer nos impôts, on ne s'en souciera pas plus, on leur enverra les flics.

          On ne se rend des comptes qu'entre nous, et comme on fait partie de la même caste, vous imaginez comme c'est féroce.

          Non, vraiment, pourquoi s'en faire ?