jeudi, septembre 21, 2017

Le Figaro, ce grand espace de liberté (sauf quand les intérêts de la bourgeoisie sont menacés)

Yves de Kerdrel licencié du Figaro pour anti-macronisme ?

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La chronique économique que Yves de Kerdrel publie dans Le Figaro depuis plus de dix ans a disparu ce matin. Selon nos informations, celui qui est aussi le patron de Valeurs actuelles se serait vu signifier son licenciement du Figaro pour « anti-macronisme » excessif.
[…]

D’après des sources internes, la direction du Figaro mènerait également la vie dure à Ivan Rioufol, qui tient le Bloc-notes du Figaro et qui critique un peu trop librement le chef de l’Etat (voir sa dernière chronique). Son récent livre sur « La Guerre civile qui approche » aurait également défrisé les bourgeois du quotidien dit « libéral conservateur ». Reste à savoir jusqu’à quand sa liberté d’expression sera tolérée et s’il connaîtra le même sort que Kerdrel.
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Le temps où les journaux pouvaient manipuler sans crainte l'information est révolu. Il y a internet.


Déficit politique

Le déficit structurel, ce cancer français que le docteur Macron ne guérira pas

Je ne sais plus quel historien (si vous me retrouvez la référence ...), assez peu connu, disait que, dans les comptes d'une nation, on lit ses choix et, au fond, sa morale. Dans les comptes de la France de 2017, on voit donc une âme noire, nihiliste, un esprit de jouissance immédiate honteux, ses divisions, son dsamour.

Voici le commentaire que j'ai laissé sous le billet d'Eric Verhaeghe :

Je pense que la lutte contre l’immigration, clandestine ou légale, est la mère de toutes les batailles.
Mais, peu importe pour le sujet qui est celui de votre billet, puisqu’il n’y a pas de contradiction. L’étatisme et l’immigrationnisme se nourrissent l’un l’autre.
L’Etat trouve dans les populations immigrées, avec les problèmes de tous ordres qu’elles posent, une justification de ses interventions tous azimuths. Et l’immigration trouve une justification dans la nécessité de nourrir le moloch (« Qui paiera nos retraites ? » ).
Cette symbiose n’est pas comprise par tous (osons le mot) les imbéciles (et ils sont vraiment nombreux) qui se disent à la fois étatistes et anti-immigration. Ils fantasment sur un Etat qui serait strictement national, voire nationaliste. Mais rien, dans le concept d’Etat, ne lui fixe de limites naturelles. Au contraire, les Etats, nous le voyons tous les jours, sont des machines tentées de s’étendre indéfiniment sans souci de frontières ni de loyauté vis-à-vis d’un peuple particulier.
C’est pourquoi, dans un pays qui fonctionne, l’Etat n’est pas le maître mais un instrument au service du souverain et c’est le souverain qui limite l’emprise néfaste, potentiellement apatride, de l’Etat.
Quand Henri IV dit « Rien n’est pire que la perte de l’Etat », il sous-entend, car c’est pour lui naturel, l’Etat au service du souverain. Il envisage la dissolution de l’Etat, mais il n’envisage pas l’Etat qui prend son autonomie, sans plus obéir au souverain légitime.
Or, c’est bien ce qui nous arrive aujourd’hui. Le premier but de l’Etat français en 2017, c’est d’abord la perpétuation de lui-même. Il n’est plus subordonné, il vit sa vie propre, en parasite de la société française. Au point, pour assurer le coup, d’avoir porté à sa tête son champion. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.
Et l’on retombe sur votre histoire de déficit structurel : pour que l’Etat français puisse vivre sa petite vie pépère sans rendre de compte, il faut qu’il arrose largement. D’où déficit maousse costaud.
A partir du moment où vous fixez à l’Etat des objectifs et que vous le jugez en terme d’efficacité, vous posez que sa raison d’être est en dehors de lui, qu’il n’est pas sa propre justification. Bref, vous lui redonnez une position subordonnée. Bon courage !



Les partis politiques français se décomposent. Toute la politique française tombe dans l'insignifiance.

Ceux qui mettent ce phénomène sur  le dos des institutions de la Vème République sont aveuglés par leur envie de retrouver les délices et poisons du grenouillage parlementaire entre bourgeois diplômés.

Le phénomène est plus profond mais pas inconnu. Il a été prédit par les libéraux du XIXème siècle, dont l'immense Tocqueville (on notera qu'il était plus libéral par la force des choses, parce que c'était l'évolution qu'il prédisait, que par conviction).

Nous subissons la dissolution de la politique lorsque domine un Etat qui a pris son indépendance, qui est son propre maître. Il n'y a plus de politique parce qu'il n'y a plus de citoyens mais des assujettis. Il n'y a plus de décisions politiques à prendre mais des paramètres techniques à ajuster.

Pour garantir que ce système perdure, les technocrates ont créé un super-Etat, comme les assureurs prennent une ré-assurance, situé à Bruxelles.

Ce système a été conçu par des pervers, dont, évidemment, l'étrange M. Monnet, mais il n'est pas en lui-même une perversion, au sens d'une dérive malheureuse et inattendue d'un système qui aurait pu être bon. Non, ce système est néfaste par conception, il est tel que l'ont voulu ses concepteurs : destructeur des peuples et des nations.

Comment en sortir ? Je ne sais pas.

La banqueroute pourrait être un élément, mais ce n'est même pas sûr, puisque la monnaie est dans les mains des mêmes pervers anti-démocrates.

A cette tentative de priver les Occidentaux de politique, les Anglais et les Américains tentent de riposter avec le Brexit et Trump. Les Européens continentaux sont beaucoup plus soumis (après cette soumission là, il y en aura une autre, qui suivra naturellement). Les Français se sont laissés refiler Macron, après une campagne électorale qui mérite bien des qualitatifs mais certainement pas celui de démocratique, et les Allemands Merkel.

Le retour de la démocratie est peu probable. En quarante ans, les peuples ont pris l'habitude du joug (par le chantage à la sécurité : « Donnez moi un peu de votre liberté et je garantis votre sécurité »). Au point que, même quand la sécurité disparaît, les peuples ne veulent plus reprendre leur liberté.

Néanmoins, si cela devait advenir, cela pourrait être par le haut, façon Trump, mais l'expérience s'avère très difficile. Ou par le bas, mais la décomposition n'est pas encore assez avancée.

La lumière qu'on voit un bout du tunnel n'est pas celle de l'aurore mais celle du train qui vient en face.


dimanche, septembre 17, 2017

L'odieuse (et folle, et suicidaire, et criminelle) préférence des traitres pour les victimes musulmanes

Rohingyas : idéologies et approche victimaire

Birmanie : qui se souvient des Karens ?

Il faut avoir pitié de toutes les victimes, mais, n'ayant pas le coeur aussi grand que Dieu, nous devons faire des choix. Le mien, entre des chrétiens qui souffrent et des musulmans, qui ne sont pas nos amis quand ils ne sont pas nos ennemis, qui vénèrent une idole, est vite fait.

Le choix de l'hyper-classe mondiale est inverse :

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Sous la houlette des ONG toutes dévouées au milliardaire apatride George Sörös et du Turc Erdogan, autoproclamé Commandeur et Défenseur des Croyants, la mobilisation en faveur des Rohingyas, dont la rébellion armée serait sauvagement réprimée par le gouvernement birman accusé, au surplus, de nettoyage ethnique – crime majeur qui légitima en 1999 l’agression de l’Otan contre la Serbie –, ne cesse donc de prendre de l’ampleur, à l’ONU comme dans les médias internationaux.

La campagne assourdissante à laquelle se livrent la plupart des médias est en total contraste avec le silence observé plus d’un demi-siècle durant, de 1948 à 2012, sur la persécution tout aussi musclée exercée par la junte birmane contre la minorité karen, victime de massacres et de déportations. Cela dans l’indifférence générale – sauf dans notre mouvance, alertée par le grand reporter de guerre Marc Charuel –, évidemment due au fait que le régime birman était communiste cependant qu’un bon tiers des Karens (aux côtés desquels certains nationalistes français partirent combattre) sont chrétiens, au contraire des Rohingyas qui sont musulmans.

Actuellement encore, 65% des Karens parqués dans des camps de réfugiés en Thaïlande sont chrétiens, descendants de leurs ancêtres évangélisés au début du XIXe par des missionnaires britanniques. Mais qui s’en soucie ?

Et pour rester en Asie, qui se souvient d’ailleurs du martyre (entre 100.000 et 200.000 morts pour une population de 800.000 habitants) subi par l’ancienne colonie portugaise et donc christianisée du Timor oriental, envahi puis unilatéralement annexé par l’Indonésie musulmane, dont l’armée le ravagea systématiquement jusqu’en 1999 ?

Comme on voit, toutes les victimes ne se valent pas aux yeux de la Morale unique. 

Camille Galic
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Waillid Al-Husseini, dans Une trahison française, écrit que les élites françaises ne vont pas se soumettre, au futur, à l'islam, que c'est déjà fait, qu'elles sont déjà soumises, puisqu'elles accordent, en pratique, à l'islam exactement ce qu'elle réclame : un traitement particulier, de faveur, différent des autres religions.

Les victimes musulmanes sont plus dignes de considération que les autres, les prescriptions de l'islam sont plus dignes de respect que les autres, les musulmans doivent être plus ménagés que les autres (parce qu'ils sont plus « sensibles », c'est-à-dire plus prompts à la colère, au massacre, à la terreur).

Les salauds ! Qui défendra la France, son peuple, sa culture, son mode de vie, si ceux dont c'est la mission et l'honneur s'enfuient en courant ?

Foutez moi tout ça dehors !

samedi, septembre 16, 2017

Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos (C. Combaz)

Contrairement à Eric Zemmour, Christian Combaz pense que la France ne se suicide pas, elle est assassinée, et il connaît les assassins, qu’il a fréquentés à Sciences-Po et au Figaro, du temps du giscardo-mitterrando-chiraquisme.

Je suis d’accord avec l’analyse de Combaz. Dommage qu’elle soit polluée par un ton aigre et au moins une erreur factuelle (baptiser Coluche « Antoine ») qui fait douter du reste. De plus, il truffe son livre d’allusions incompréhensibles au non-initié, c’est fort désagréable : soit il dénonce, soit il ne dénonce pas, mais cette manière de rester le cul entre deux chaises fait passer le lecteur pour un con.

De plus, il me semble qu’un ton plus gai eut mieux convenu : certes, la situation est grave, mais c’est l’esprit mousquetaire que de plaisanter dans le chaud de l’assaut. En parlant d’esprit mousquetaire, Combaz fait une allusion acide à Tillinac (je pense que c’est de lui qu’il s’agit sans en être sûr. Est-il marié à une pharmacienne ?), l’accusant d’avoir plus de gueule que de cœur.

Je peux comprendre l'aigreur de Combaz : c'est un pilote privé qui a du arrêter de voler faute d'argent, alors que de moins doués mais mieux en cour faisaient fortune à Paris grâce à leur souplesse dorsale.

Toujours est-il que je lui donne raison : oui, les années fatales sont les années Giscard, Mitterrand, Chirac. Les malheurs Sarkozy, Hollande, Macron ne sont qu’une funeste conséquence. Oui encore, dans ces années là, les enfants sans père ou s’opposant au père dans une adolescence perpétuelle (ils citent Hollande et Royal), bref les enfants jamais devenus pleinement adultes, ont pris le pouvoir médiatique et politique, les années Canal Plus, SOS Racisme et compagnie.

Extrait 1 de Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos

J’ai un net souvenir, malgré mon jeune âge, d’Olivier de Kersauzon et de Jacques Martin se moquant sans cesse aux Grosses Têtes des curés à qui ils devaient pourtant ce qu’ils savaient, comme ils le reconnaissaient par ailleurs. Si ce n’est pas de l’ingratitude … C’est l’époque où les vices ont commencé à être fêtés, encensés, célébrés.

L'auteur a du style, lui. Il a été rayé du Figaro Vox (faux espace de liberté) après un article décapant sur le manque de style de Hollande.

Extrait 2 de Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos

Macron en Woody de Toy Story, c'est très bon.

Combaz s’est réfugié à la campagne, comme Renaud Camus et Bernard Lugan. C’est plus confortable, mais cela ne règle pas le problème politique : d’une part, les campagnes sont à peine moins atteintes, d’autre part, les villes continuent à gouverner. Quand les Turcs ont pris Byzance, les paysans grecs n’ont pas continué leur vie comme si de rien n’était, ils se sont soumis aux nouveaux maîtres.



La dimension ethnique du crime

La dimension ethnique du crime

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J’ai alors compris qu’il ne fallait pas dire certaines choses, même vraies. Ceux qui voulaient me censurer n’étaient pas gênés de vouloir cacher la vérité. Ils avouaient aussi un profond mépris de la démocratie en disant que publier ces chiffres favoriserait le racisme. C’était prendre les citoyens pour des crétins qui n’étaient pas capables de se faire une opinion en dehors des rapports officiels. Les censeurs étaient donc malhonnêtes mais aussi d’une rare stupidité : ils ne comprenaient rien aux mécanismes sociaux qui sont à l’origine de la criminalité, à l’origine du racisme ou tout simplement à l’origine du mécontentement populaire.

Je viens de retrouver cette inconséquence à propos des pillages dans l’île de Saint-Martin suite au passage du terrible ouragan Irma. On a reproché au gouvernement de ne pas avoir prévu ces pillages qui n’ont pas eu lieu dans l’île voisine de Saint-Barthélemy. On a montré une ignorance crasse : dans tous les pays de culture africaine, lorsque des désordres ont lieu, les pillages se généralisent. Ce fut le cas en Afrique, au sud des Etats-Unis (ouragan Katrina en 2002 à la Nouvelle-Orléans). Il faut donc prévoir des forces de l’ordre plus importantes que si la population était ethniquement différente, norvégienne par exemple.

La dimension ethnique des phénomènes criminels est un sujet tabou dans les médias et la politique. Pourtant, les milieux professionnels de la justice et de la police ne peuvent les ignorer : on sait bien que la mafia est plus importante en Italie du Sud qu’en Italie du Nord, à Naples plutôt qu’à Milan. C’est moins une question de géographie que de groupes ethniques. La mafia s’est exportée aux Etats-Unis avec de grandes figures comme Al Capone, issues de l’immigration d’Italie du Sud. Les sociologues du crime ont noté que, non seulement les mafiosi se recrutaient au sein de la même ethnie (comme les yakuzas japonais), mais encore au sein du même village partageant le même dialecte. Car les chefs de ces réseaux ne font pas confiance aux personnes d’une autre ethnie.

Lors d’une mission à Mayotte, j’ai rencontré un ancien fonctionnaire important d’origine locale qui m’a dit : « Si vous voulez lutter contre la corruption, faites venir des Blancs de Métropole car ici, nous les locaux, on est tous corrompus (sic) ! » Il m’expliquait que la logique de distribution de l’argent public envoyé par la France était de répartir celui-ci selon une logique tribale. Chaque tribu se sert à tour de rôle. Il est très difficile d’éradiquer de tels comportements collectifs.

Les classes dirigeantes politique, administrative et médiatique ne veulent pas prendre en compte ces faits qui sont gênants du point de vue du dogme égalitaire. Ignorer ces faits pour les bourgeois de l’oligarchie ne présente que des avantages : pas de problèmes avec quiconque, pas de risque de se faire accuser de « racisme » qui pourrait freiner leur carrière. Ceux qui seront victimes du mensonge n’appartiennent pas aux réseaux du pouvoir.

Ce sont les plus pauvres et les plus démunis qui sont lésés. Si l’argent public disparaît au profit de réseaux mafieux, on construira moins de classes et ce sont les enfants des pauvres qui en souffriront. Ils sont hors d’état de faire valoir le préjudice subi. Devant le préfet ? Il ne fera rien, hors quelques propos apaisants. Devant les médias ? Ils se tairont aussi. Les classes souffrantes n’ont pas de relais ni dans les réseaux du pouvoir, ni dans les médias.

La pire des situations est celle des pauvres Français « de souche », comme on dit. Les médias s’intéressent aux dirigeants ou aux immigrés mais certainement pas aux Français du peuple soupçonnés d’être « rétrogrades ». Cette injustice a été bien décelée par quelques scientifiques comme le géographe et sociologue Christophe Guilluy dans son livre sur « La France périphérique ».

Evidemment, le refus de prendre en compte la dimension ethnique de la criminalité a des conséquences négatives pour les forces de prévention et de répression du crime. Les milieux d’idéologie « droits de l’hommiste » ne cherchent pas à combattre le crime mais traquent uniquement les blasphèmes envers leur idéologie : ces blasphèmes s’appellent des discriminations.

Le souci des idéologues des droits de l’homme n’est pas de faire reculer l’insécurité qui frappe plus que proportionnellement les faibles et les pauvres : ils se préoccupent plutôt des droits des criminels et des voyous. Les victimes n’ont aucune importance sauf dans deux cas :

1/ si elles appartiennent à l’oligarchie, comme Nathalie Kosciusko-Morizet « bousculée » sur un marché lors d’une campagne électorale par un brave maire de province sans le moindre antécédent de violence ou de délinquance ;

2/ si elles appartiennent à des minorités ethniques qui bénéficient d’une protection privilégiée pour des raisons idéologiques.

Bien sûr, les forces de l’ordre ne sont pas dupes dans leur vie de tous les jours. Mais elles se taisent par peur de l’idéologie dominante. La situation générale rappelle d’ailleurs celle de l’Occupation allemande. A cette époque, il ne fallait pas dire du mal de l’occupant, quoi qu’on en pense. Même les propos contre l’occupant tenus en privé étaient dangereux : on pouvait être dénoncé par son voisin. Aujourd’hui, il en est de même si vous voulez critiquer tel ou tel groupe ethnique pour son comportement.

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L’aveuglement volontaire des élites

Cet article de Philippe Dessertine est très illustratif de l’aveuglement des élites :

Philippe Dessertine : « Le macronisme n'est pas une idéologie mais un pragmatisme »

Il nous explique qu’Emmanuel Macron est un pur pragmatique qui ne fait pas de politique politicienne. Si M. Dessertine le pense, c’est un imbécile sans cervelle, s’il est en service commandé et ne le pense pas vraiment, il nous prend pour des cons.

En effet, ce qu’appellent « pragmatisme » les gens qui approuvent la politique d'E. Macron est en réalité un choix politique par défaut, celui de continuer dans le cadre actuel, avec tous ses « isme » bien connus (européisme, atlantisme, capitalisme de connivence, technicisme, économisme, …).

Cette technique de présenter comme naturel et inévitable ce qui est en réalité un choix politique lourd a été inauguré par Margaret Thatcher, que j’admire pourtant, avec son « There is no alternative ». Encore avait-elle l’honnêteté, malgré ce slogan, de proposer à ses électeurs un vrai choix, ce qu’Emmanuel Macron, avec son « Pensez printemps », s’est soigneusement abstenu de faire.

Continuer comme avant, avec des changements mineurs, sans remettre en cause le cadre, est un choix politique comme un autre. Le présenter comme du « pragmatisme » est une malhonnêteté caractérisée. D’autant plus que, si l’on était véritablement pragmatique, on ferait exploser l’Euro sans délai (rien de plus pragmatique que de dire : « On essayé, ça ne marche pas -c’est flagrant pour l’Euro- on arrête l’expérience malheureuse et on passe à autre chose »), c’est par idéologie et par pusillanimité qu’on y reste.

C’est assez comique de voir la machine idéologique en action. Et encore plus comique de lire les âneries que les idiots et les courtisans écrivent pour nier que c'est une machine idéologique.


jeudi, septembre 14, 2017

Peter Hitchens fait l'éloge des frontières

Je suis trop fainéant pour écrire ce soir. Je cite.


IN PRAISE OF BORDERS by Peter Hitchens October 2017

Borders are a substitute used by less fortunate lands for the sea and the mountains behind which happier countries shelter. No great civilization has grown and endured except behind the shield of ocean, mountain, or desert.

How different Poland’s history would be if it had a few dozen miles of deep salt water between it and its neighbors. How much trouble might be saved if Israel were an island. Countries with cliffs and churning, white-flecked seas for borders tend not to be partitioned or carted off into captivity, especially if they have the sense to build navies.

It is considered impolite to mention it these days, but Britain’s defiance of Hitler in 1940 owed more to the Channel and the North Sea than it did to the RAF. Salt water was our ultimate weapon, and our sensible respect for it made us hesitate, to Stalin’s fury, to launch any invasion against Hitler’s coastline. D-Day was a very near thing, even with the vast resources, the careful preparation, the brilliant deception. If the weather forecasters had gotten it wrong, the invasion fleet would have been scattered and the Red Army would have liberated Paris sometime in 1946, before driving on to the English Channel to ponder the future. At least it would have stopped there.

People in free countries should be more in love with the sea, more sympathetic to those who don’t have it. I grew up in a Britain where every road ended at the sea. In fact, the sea lay just beyond the bottom of our garden in the Portsmouth suburb where we lived, endlessly reassuring especially when (as was usually so) it was rough or hidden by fog. As a naval family, we always remembered Lord St. Vincent’s witty promise to Parliament while Napoleon Bonaparte’s Grand Army gazed out toward England from the hills above Boulogne in France: “I do not say they cannot come,” St. Vincent creaked. “I only say they cannot come by sea.” Honorable members obediently laughed. For the British Navy controlled every square inch of those gray waters, and gaze as they might toward the coast of England from the parade grounds of Boulogne, the French could not cross them.

If a country has no sea, it must come up with a substitute. And that substitute is the guarded border. As a safe Englishman, I have never resented or decried these odd and often expensive structures. I can quite see why people want them. I can, alas, even envisage borders growing up in our own islands, where old nations are seeking to be reborn. There are worse things we might face. I have always thought that the French Maginot Line, now a derided ruin like the Great Wall of China, was rather sensible, its only fault being that it was unfinished, a major failing in any wall. I have helicoptered above much of the length of Israel’s frontier with the “occupied territories,” and indeed climbed through a rather feeble section of it in the Jerusalem suburbs, and I see the sense in it. No doubt it is often unjust, and it was much better for everyone when there was friendliness across the line and thousands of Arabs used to travel peacefully and easily to work in Israel. But the barrier is a reasonable response to the nasty tactic of sending suicide bombers into Israeli towns, as is shown by the fact that it has much diminished these horrible attacks. My only worry is that it cannot possibly be sustained. Walls, unlike oceans, require ceaseless maintenance and repair, and must be manned night and day by alert and disciplined guardians. Otherwise they become relics.

Israel is an interesting case. Turn eastward and you can, with some persistence, cross into officially friendly Jordan, just over the surprisingly feeble and narrow river of that name. This gateway is supposed to be part of the “New Middle East,” an absurdly optimistic concept dreamt up by the late Shimon Peres and based on the idea that Muslim Arabs would stop hating Israel if it made concessions to them. Very few people take the sort-of-bus service that runs from Tel Aviv to Amman, via Beit She’an—and no wonder. The Jordan River crossing on a Sunday evening is one of the loneliest places I have ever been, the sort of spot where you can hear yourself breathing, and the border officials hugely outnumber the travelers. The only other sound is the squeak of Israeli drivers unscrewing Hebrew license plates from their cars and substituting Arabic ones. This is an essential safety measure in Jordan, where the “Anti-Normalization League” campaigns ceaselessly against any concession to Zionism. Despite the country’s official moderation, it would not be a good idea to be identified as an Israeli on the country roads which wind down toward Amman. I saw no Jordanians crossing into the Zionist entity bent on pleasure or business. Normality is not just a fiction but an absurdity. Mr. Peres’s “New Middle East” is a phantasm, like the Arab Spring. The place only exists for propaganda purposes. In truth, the Jordan Valley remains a place of unalterable tension, and it is a pity that the river is not deep and wide, as the song says it is.

Travel up beyond the Sea of Galilee, past blasted concrete buildings and abandoned fortifications from the bitter war of 1973, and into the Golan Heights, where you will find a more honest frontier that is wholly dead and sealed, like a tomb. There is no pretense of friendship or normality here. Even so, when I asked an Israeli Army officer if he felt threatened, he remarked that it was one of the quietest places anywhere on his troubled country’s disputed edges. President Assad’s ruthless despotism left no doubt about who was responsible for any missiles or armed groups which came across it. “If anything bad comes across, we have a return address,” he pointed out, with quiet menace. This is why many Israelis will be glad if and when Mr. Assad regains full control. A reliable tyranny on the far side of the barbed wire is far more reassuring and desirable than anarchy or the Arab Spring.

Why, then, do so many speak darkly of borders as unnecessary and undesirable? Enthusiasts for “free movement of peoples,” the type who can be found in revolutionary Marxist sects and in the offices of liberal capitalist organs such as The Economist, claim to believe that the absolute equality of all humans is violated by the idea of frontiers. The Bolsheviks believed that humanity is infinitely malleable and that class and education determine changeable human nature. The economic liberals simply think that open borders bring greater general prosperity by keeping labor costs down. In most cases, such people live remotely from the areas most directly affected by the large-scale migration they say they support.

In practice, they will take a slightly different view if too many people act according to their vision. The open borders of much of the European Union have been at least partly closed again in recent years, following Chancellor Angela Merkel’s utopian decision to welcome thousands of undocumented Middle Eastern migrants (some of whom may actually have been refugees from the Syrian war, but many of whom were economically motivated, as The Economist would want them to be). Sweden, once a country of relaxed liberalism, has found its politics bitterly transformed after trying to apply those beautiful beliefs in practice. The decision of several E.U. navies to offer a ferry service across the Mediterranean for migrants from Africa caused a similar revulsion from this idealism. Suddenly, France began patrolling its borders with Italy for the first time in years.

Even on those who in general accept their usefulness, borders have a paradoxical effect. Precisely because they guard us from straying into a different culture, we long to do so. Like Lewis Carroll’s Alice clambering through the looking glass, we yearn to know what is beyond the wire, and what lies on the other side of the mysterious wooded hills that are visible but not reachable. Sometimes it is just a wish to know what is beyond that door or down that corridor. Not being allowed to go somewhere or know something, as we have known since the Garden of Eden, can be the greatest temptation of all.

I felt this most powerfully—the mad instinct for crossing into the unknown—when at the Korean Demilitarized Zone, an exhilarating spot which (after many years of effort) I have now viewed from both sides. My first visit was from the South, in a press party accompanying Margaret Thatcher. All around was the peace of an unpolluted animal and bird sanctuary, thanks to the absence of man. Both sides competed by flying enormous flags of their rival nations, flags so huge that they ripped themselves to pieces in high winds. Just to the north, beyond the so-called “Bridge of No Return,” across which prisoners of war and the crew of the captured USS Pueblo had been released by the Communists, sat a fake village from whose empty concrete buildings eerie music drifted, supposedly demonstrating the happiness of its nonexistent inhabitants. I am not sure whom this was supposed to fool.

Strangest of all was that, for a few hundred yards, there was no fence. A line of scrubbed paving stones marked the border, once the most emphatic and angry contact between the two rival worlds of the Cold War. On one side, political and religious liberty, prosperity, rationality stretched onward and outwards. On the other, a vast dark planet of censorship, people shrieking slogans, parades, lies, and privation continued all the way to the middle of Germany. Now it is less of an ideological border—just a puzzling, dispiriting relic of a dead conflict, which nobody can find a way of dismantling.

Much as people are said to be tempted to hurl themselves off cliffs and tall buildings, I was gripped with a crazy desire to dash across into the North, and wondered if members of the Communist delegation, close and clearly visible on the other side, were troubled by the same folly. Years later, I knew they must have been. For I traveled down from Pyongyang, through the North’s fortifications and propaganda lectures, and found myself ten feet from where I had been twenty years before, with nothing between me and the South but air—but such air, fizzing and crackling with danger. Is there anything more savage than hostility between peoples divided by civil war? Enemy nations do not even begin to contrive the pseudo-moral excuses which people of the same nation dream up for killing and hating each other. Yet still I longed to make that foolish, fatal dash, just because it was there.

I used to get a similar feeling near the Brandenburg Gate in Berlin. I now feel privileged that I saw Berlin many times in the days of the Wall, and penetrated through it at Friedrichstrasse Station to emerge in a place so different from its Western twin that it is still hard to believe it was so. Technically, it was only a political division. But East Berlin smelled different, had different colors, somehow a different light in the sky. The posture of the people was different. Above all, the purpose of everyday things in the Communist world was tinged with a second, less everyday purpose. I learned from my first voyages into this zone that this was the great distinguishing feature. Shops, opera houses, trains, museums, war memorials, newspapers all possessed a greater ideological purpose which completely transformed them, but which I was not allowed to know in full. It always seemed a small miracle when I succeeded in buying a meal, making a journey, or obtaining information. I felt I hadn’t really been meant to do any of these things. When I got back to the West, its obliging simplicity began to seem unsatisfactory. Where was the challenge?

Even if we could somehow construct a world where borders were not necessary for peace and security, could we really be happy without them? There is a joy in crossing from one place into another that we are robbed of by any effort to make all places one. I cannot be the only person who has developed an active joy in obtaining and using hard-to-get visas. People used to complain about Communist border checks. I didn’t. I positively liked these Ludmillas and Nastyas with their frazzled, bleached hair under severe peaked caps, glaring at my documents with patriotic zeal. Generally, they didn’t actually take that long, and it was possible, sometimes, to get the faintest ghost of a smile out of some of them before they whacked the entry or exit stamp (always in lurid green ink) onto my passport. Nowadays the Russian border officials are positively chatty. One rather beautiful passport checker in Moscow recently asked me, “Do you think Russia will ever be a normal country?” and creased up when I shot back, “I hope not!”

There is the Schengen Agreement’s abolition of European borders. If I can stroll unchecked (as I have) from Strasbourg in France to Kehl in Germany, or from Aachen in Germany to Vaals in the Netherlands, so can anyone else. What, then, is the point of my machine-readable, ultra-secure United Kingdom passport, obtained through severe bureaucracy? It goes deeper. When we study the dismal history of the European 1930s, isn’t Germany’s scorn for the borders of her neighbors one of the most striking things in the newsreels and the photographs? Grinning soldiers smash or sweep through the border posts of conquered or absorbed nations, tossing aside the striped poles that symbolized independence, the quiet existence of another way of doing things, a different language, a different coinage, and a different law. Didn’t we fight World War II at least partly to put those borders back, and allow those small nations to live once again undisturbed as they wished?

Yet all those borders once brushed aside by German tanks are now vanished. Travel down from Berlin to Prague, or Berlin to Brussels or Amsterdam or Vienna, on Europe’s swift new trains, and nobody will ask for your papers. I jolly well think they should. This isn’t just because untold numbers of migrants, having crossed the Mediterranean or the straits between Turkey and the Greek islands, are now roaming a borderless Europe. People are entitled to live differently if they want to. It makes them happy and proud. A world without differences would be a world without any true character or any true freedom, since the planet is far too big a community for people to be effectively unselfish in it. Without borders, we would dwell in a global parking lot. A reasonable love of where you live, its customs, landscape, language, and humor, is the basis for all other communal loves.

So I have never really seen why Donald Trump likes the idea of a proper border between the U.S. and Mexico. He doesn’t seem to me to be the kind of person who has that generous affection for the small, the local, and the particular which is the foundation of proper patriotism. But never mind. It is a good idea, if only for the following reason: How can the U.S. reasonably ask people such as me, from law-governed, civilized nations, who have no plans to stay, to submit to fingerprint checks and intrusive questioning at airports, if it simultaneously allows countless persons from who-knows-where to walk straight into the country, vanish for years—and then apply for and be granted citizenship on the grounds that it is too much trouble to do anything else? If you want to have a country, you have to decide who can come into it. If you don’t, won’t, or can’t, it’s not a proper country. President Trump, build up that wall!

Peter Hitchens is a columnist for the Mail on Sunday.

Dans le cochon, tout est bon (dans certaines religions, par contre ...)


Décidément, Madame Ingrid est en forme.




Soumission ordinaire sur BFM TV : Salhia Brakhlia et les interdits alimentaires


oeil de salhia5Je sentais que cette Salhia Brakhlia avait un gros potentiel. Elle ne m’a pas déçue.
Elle nous a offert ceci :

On voit qu’elle a été formée au Petit Journal, son transfert lui a d’ailleurs valu un portrait perfide signé Libération : Salhia, c’est la fille qui « lâche des banalités » et enchaîne les « poncifs dignes des plus grands champions de la langue de bois politicienne », et qui trouve que tout le monde est « super sympa ». Apparemment, les gens qui vont à la fête du cochon, non, elle ne les trouve pas super sympas.
Comme d’habitude, j’ai attendu un peu de voir qui allait en dire quoi. Je m’attendais à ce que Riposte LaïqueBoulevard VoltaireRésistance Républicaine et TV Libertés en parlassent.
Mais j’attendais surtout l’article du Monde, de Médiapart, du Huffington Post ou que sais-je encore qui titrerait : « Déchaînement raciste contre une journaliste de BFM TV » et nous expliquerait que les méchants fachos s’en prenaient à une gentille fifille qui n’avait fait que son travail.
Toutefois, cet article tarde à venir et sans doute ne viendra-t-il pas. Pourquoi ?
La réponse est dans cette image :
oeil de salhiaJean-Baptiste Boursier n’est pas très à l’aise avec le document de Salhia. C’est qu’il n’est pas bête et il a fort bien compris ce que n’importe qui peut constater en regardant ce reportage : ce qui gêne Salhia, c’est bien moins le FN que le cochon.
Ce n’est pas d’emblée évident : « des fêtes du cochon, il y en a plusieurs en France, c’est normal ! », dit Salhia (00 :12)
Notez, elle a bien dit : « c’est normal ». J’ai envie de lui demander pourquoi, selon elle, c’est normal. Parce qu’elle va ensuite s’évertuer à montrer le contraire.
Salhia Brakhlia indique que la spécificité gênante de la fête d’Hayange, c’est son caractère excessivement politisé. Pour l’instant, pas de problème. Elle ne semble pas vouloir s’en prendre à la fête du cochon en soi mais seulement à sa récupération politique. J’adhère.
Mais dans ce cas, comment se justifie la séquence qui va de 00 : 26 à 01 :07 ?
Logiquement la mascotte, c’est un cochon… qui met de l’ambiance, hein ? Et non, ils n’ont pas fait dans la lourdeur : après les affiches, le ballon gonflable. On a vu un traiteur à la tête de cochon. Au menu, justement, bière et tout ce qui peut être comestible dans le cochon. Et pour le dessert, on reste dans la thématique avec des viennoiseries tête de cochon et des éclairs en forme de cochon.
Moi, les images m’ont mis l’eau à la bouche et j’ai trouvé génial qu’ils aient joué la carte du cochon jusque dans le sucré. Mais le ton moqueur de Salhia Brakhlia suggère de sa part une forte désapprobation, comme le confirme sa mine :
oeil de salhia2Pourtant, on n’a pas encore vu de néo-nazi. On n’a vu que des cochons.
Juste pour info, les cochons roses du pâtissier ne sont pas des « éclairs », M’dame Salhia : c’est de la pâte d’amande fourrée (les fameux « petits cochons de la St Antoine »). C’est délicieux. Et vous pouvez en manger, vous savez, Salhia, parce que ce n’est pas vraiment du cochon, c’est juste en forme de cochon. Mais il y en a qui font du zèle, apparemment, (et il faut croire que notre Salhia est du nombre). J’ai trouvé ceci sur un forum :
oeil de salhia4Notez que « on lui as bien expliquer que c’était autoriser ». Donc c’est pas interdit.
Là où cela devient vraiment gênant pour Salhia, c’est quand elle demande à un charcutier ce qu’on peut manger à la fête du cochon quand on n’aime pas le cochon ; elle demandera ensuite au maire FN s’il compte organiser une fête du maqrouth à Hayange.
Et non, pas de fête du maqrouth prévue à Hayange. Salhia pas contente.
Vous trouvez ça débile ? Moi, je crois que Salhia Brakhlia vient d’élaborer un concept d’émission perpétuellement déclinable. Elle doit pouvoir tenir toute l’année comme ça :
Au fest-noz de Brest : quoi, vous ne servez pas de choucroute alsacienne ?
A la fête du foie gras de Pau : pas de moules à la normande ?
A la fête de l’escargot de Bourgogne : comment, vous ne proposez pas de calissons d’Aix ?
Salhia n’ira pas à la fête de l’escargot demander ce qu’on peut y déguster si l’on n’aime pas les escargots. Pourtant, les escargots, c’est beaucoup plus discriminant que le cochon : il faudrait faire une enquête d’opinion, mais je suis certaine que les mangeurs d’escargots sont bien moins nombreux que les mangeurs de porc. Donc le vrai scandale est à la fête de l’escargot, pas à la fête du cochon. Comme dit Salhia : « ça écarte pas mal de gens ».
J’ai cherché à savoir si la consommation d’escargots est halal. J’ai lu des kilomètres de forums musulmans sans trouver la réponse. Et puis, j’ai trouvé cette vidéo et là… je n’ai rien compris :
C’est dommage parce que j’aimerais bien savoir.
Salhia dit au charcutier qu’elle « n’aime pas le cochon ». Là, j’ai envie de lui dire comme aux enfants : « comment peux-tu savoir que tu n’aimes pas, si tu n’y as pas goûté ? ». Par exemple, moi, je sais que je n’aime pas les escargots de Bourgogne. Mais Salhia Brakhlia ne sait pas si elle aime le travers de porc. Elle est juste cochonophobe par principe.
Quand elle dit que « ça écarte pas mal de gens », elle précise : « je pense par exemple aux musulmans ou aux personnes de confession juive, pour ne citer qu’eux ». J’adore « personnes de confession juive » : ça doit écorcher la bouche de dire « les Juifs ». Ça me fait penser aux cathos qui disent « personnes homosexuelles » pour ne pas réduire les gens à leur vice. Salhia, c’est pareil, elle ne veut pas réduire les Juifs à leur vice qui est d’être juifs. En revanche, les « musulmans » ne sont pas des « personnes de confession musulmane ».
On remarque qu’elle ne pense pas aux végétariens. Elle n’y pense même pas du tout puisqu’elle a demandé au charcutier ce qu’elle pouvait manger « comme viande » si elle ne prenait pas de cochon. Les végétariens ne peuvent pas manger de viande du tout, donc la fête de Salhia ne leur conviendrait pas mieux. Et puis les personnes allergiques au gluten, elle y a pensé, Salhia ? Eux, ce sont les desserts qu’ils ne peuvent pas manger à la fête du cochon. Pareil pour les gens allergiques aux œufs. Et puis, imaginons qu’on ait prévu un stand pour les cochonophobes, je pense que Salhia ne serait pas plus satisfaite parce que les steaks ne seraient pas forcément certifiés halal. Du coup, « ça écarte pas mal de gens ».
Bon ensuite, Salhia n’est pas contente parce qu’elle n’arrive pas à trouver une oreille compatissante pour son problème: « ça vous dérange pas? » On remarque que les gens sont polis: ils acceptent de lui répondre, en dépit de son regard que l’on devine chargé tout à la fois de sarcasme, de mépris et de détestation. Les gens lui répondent, et avec le sourire, même les gros costauds tatoués. Pourtant, ils auraient des raisons de s’énerver. Alors que Juifs et végétariens ne se sentent tout simplement pas concernés par la fête du cochon, Salhia, elle, est dans une posture militante, celle de l’intimidation : il s’agit de susciter la honte chez ceux qui osent manger du porc quand d’autres ont fait le choix de n’en pas manger, de leur faire sentir que cette fête, parce qu’elle est discriminante, ne devrait pas exister.
Elle n’est pas contente non plus quand elle entend le maire dénoncer le terrorisme et faire ovationner les féministes algériennes qui refusent le burkini. Là, pourtant, on ne voit pas le problème.
Quant à la séquence du salut nazi, voici ce que j’en pense :
  1. Salhia Braklia confond la droite et la gauche puisqu’elle dit que le monsieur faisant le salut nazi est à droite sur l’image, alors qu’il est à gauche.
  2. Ce monsieur doit être un nazi débutant : il lève le bras gauche au lieu du droit. Décidément.
  3. Pour que j’y croie, il me faut cinq ou six bonshommes qui font des saluts nazis. Dans ce type de reportages, je me méfie énormément : souvent, il ne s’agit pas de montrer ce qu’on voit mais de trouver ce qu’on est venu chercher. Salhia est venue pour filmer un salut nazi. Faute de mieux, elle a trouvé un nazi à deux balles qui se trompe de bras. Mais peut-être a-t-elle embauché un de ses potes pour jouer les nazis, c’est une pratique très courante. J’avais déjà eu l’occasion de parler du faux nazi introduit par des journalistes allemands dans une section régionale du FN et maladroitement « outé » par un journaliste de C8 infiltré au même moment dans la même section.
Le métier de Salhia est difficile. Trouver chaque jour de nouvelles idées pour sa rubrique, oh lala ! Alors, je pense que nous pouvons l’aider en lui suggérant des événements intéressants pour elle, parce qu’elle n’aurait pas à se fatiguer : elle pourrait refourguer exactement le même reportage. Ce qu’il faut, c’est des traditions françaises bien islamo-incompatibles… et la probabilité de rencontrer quelques néo-nazis ou assimilés. Que cette probabilité soit faible importe peu : elle a l’œil, Salhia ! Alors, je suggère : la fête des vendanges, la fête du cognac, la fête de l’armagnac, le champagne en fête, la fête du cidre et du calva, les fêtes vertes et or de la chartreuse, le festival du vin de Bordeaux, le festival des vins d’Alsace, la fête des vins et terroirs, la cérémonie de la tripière d’or, le mondial du saucisson, la fête du porc noir, la foire au jambon, la fête du boudin, la fête de la charcuterie et bien sûr… le festival du cochon.
Festival_du_cochon_de_Sainte-Perpétue








La meilleure défense de la langue française, c'est l'attaque


J'aime décidément beaucoup ce qu'écrit Ingrid Riocreux.




Je voglio nicht spiké globish


P1010707Si l’on m’avait dit qu’un jour je rédigerais la recension d’un livre signé Brighelli, moi qui appartiens à la génération des « crétins »…
C’est le français qu’on assassine se lit avec plaisir : le souvenir de Du Bellay (Deffence et illustration de la langue françoyse, 1549) et de Rivarol (Discours sur l’universalité de la langue française, 1784) irrigue un texte qui allie le sérieux didactique de l’essai avec le mordant du pamphlet. Brighelli s’efface parfois pour donner à entendre ici un poème, là un extrait de roman ou une tirade, qu’il commente, qu’il dissèque, qu’il étudie avec autant de rigueur que d’humour, à vous donner le goût de la littérature. Son style est chatoyant et varié, ne répugnant pas à employer, où il s’impose, le subjonctif imparfait, ni le mot bas où il est sûr de faire effet, ni tel autre signe d’oralité bienvenu qui vient conférer au texte sa force expressive et confirme ce que l’on sent tellement : que l’auteur a mis tout son cœur dans cette défense du français qui est aussi (la casse du titre, intégralement en majuscules, autorise cette lecture), une défense du Français, le vrai, celui qui sait « affiner les mots comme on affine un fromage, et les offrir à déguster à ses amis ».

« Démissions scolaires »

C’est ma vie que raconte Brighelli quand il parle de ces « quelques millions d’enfants nés entre 1985 et 2017 », victimes de l’« effet Meirieu » et de l’idéologisation croissante de l’école. J’ai sans doute été plus épargnée que d’autres, parce que j’ai dû tomber sur quelques profs qui « continuaient à appliquer ce qu’ils savaient faire ».
Tout de même, j’ai subi un nombre considérable de « projets pédagogiques » débiles assortis de leurs heures perdues au CDI (perdues pour les apprentissages, pas pour les bons moments entre copines, cela va de soi). Le programme d’histoire-géo du CM2 qui allait « jusqu’à nos jours » s’est achevé pour moi avec Louis XIV, notre classe ayant été choisie pour participer au Parlement des Enfants (renseignez-vous sur cette ineptie chronophage), ce qui fut aussi l’occasion de mon premier passage à la radio et de ma première rencontre avec des journalistes. Je n’ai jamais entendu parler de Napoléon durant ma scolarité puisqu’il était au programme de quatrième et que je me trouvais dans cette classe en 1999, année de naissance de l’Euro. Toute l’année fut donc consacrée à des exposés, films, projets, rencontres, recherches au CDI, visites et interventions diverses en mode glorification enthousiaste, sur le thème de la monnaie unique. Napoléon était aussi au programme de seconde mais dans une perspective « problématisée et non narrative, reposant sur l’étude de documents », aussi n’en ai-je évidemment rien retenu. À un mois du bac de français, je confondais encore Voltaire et Verlaine, Malraux et Marot et n’avais, de manière générale, aucune notion d’histoire littéraire, les grands auteurs flottant en complet désordre dans un passé brumeux ; ce qui ne m’empêchait pas d’être abonnée aux félicitations du conseil de classe. « Ce n’est pas le niveau qui a baissé, ce sont les ambitions », dit fort bien Brighelli. Et cela oblige à des prouesses : l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour de l’élection présidentielle fut pour moi une divine surprise puisque l’arrêt momentané des cours, justifié par l’impératif de la lutte antifasciste, me permit de me plonger dans le Lagarde et Michard de mon père et d’ingurgiter en deux semaines ce que les enfants de son temps apprenaient en sept ans ! Ce Lagmich dont Brighelli dit qu’il lui paraissait naguère « franchement un peu limité » est, comme il le constate, devenu « un monument de résistance à la paupérisation culturelle ».
Mais j’ai eu une chance, énorme, outre celle d’avoir appris à lire dès la grande section de maternelle avec la plus pure méthode syllabique : c’est d’avoir des institutrices qui, sans échapper aux vogues et défauts de notre temps, étaient restées très attachées à l’enseignement de la langue, à l’ancienne. Je me souviens des exercices d’analyse (nature-genre-nombre-fonction, pour chaque mot d’une longue phrase) occupant des après-midis entiers ; j’aimais cela follement. Et les verbes à conjuguer à tous les temps de tous les modes, y compris le conditionnel passé deuxième forme. J’en redemandais. C’est de cela que sont privés les élèves d’aujourd’hui, et Brighelli donne à voir la triste condition de ces crétins fabriqués à la chaîne, et le sombre sort qui en découle pour notre pays et même, notre humanité.
C’est dramatique et grotesque à la fois : on rit en lisant les aberrations débitées par les IPR (inspecteurs pédagogiques régionaux) afin de convaincre les professeurs d’appliquer la réforme Belkacem. Et, malin, Brighelli signale qu’il peut « identifier nommément les auteurs de ces calembredaines ». Que quiconque mettrait en doute l’authenticité des citations se le tienne pour dit !

« Je plaide pour le français, mais je plaide aussi pour l’anglais »

Brighelli dénonce ce qu’il appelle la « trahison linguistique », qu’une citation de Valérie Pécresse, en épigraphe de chapitre donne à entendre sans ambiguïté : « oui, l’anglais nous a envahis, alors cessons de le considérer comme une langue étrangère ! » Mais, démontre Brighelli, ce n’est pas l’anglais qui nous a envahis, plutôt une espèce de sabir bâtard qui, combiné à la dégradation de l’orthographe et de la syntaxe, est en passe de faire ressembler notre langage à celui de Salvatore dans le Nom de la rosed’Umberto Eco !
Il fustige la tendance actuelle des distributeurs de films à ne plus traduire les titres, ou bien, ce qui est peut-être pire, à substituer au titre anglais original un titre en globish. Ainsi The Hangover devint-il Very Bad Trip et Wild Things, Sexcrimes. Il dénonce la réécriture simplifiée des romans d’Enyd Blyton, non seulement dans leur traduction française mais également dans leur version originale. Défense du français, le livre de Brighelli est aussi une déclaration d’amour à la langue de Shakespeare : dans ses pages, Corneille, Mallarmé et Flaubert côtoient James Joyce et Virginia Woolf.

Les patries en danger

Quelle agaçante schizophrénie que celle dont s’offusque Brighelli : l’hypocrisie de cette Europe obsédée par le retour à l’unité linguistique d’avant Babel, et qui prône dans le même temps le développement des langues régionales. Tout particularisme linguistique, des patois locaux au parler banlieue, devient ainsi digne d’être valorisé, pour peu qu’il ne soit pas national, pour peu, en réalité, que sa valorisation contribue à démembrer la nation. Diviser pour faire régner le globish. La tâche d’unification linguistique que s’était assignée la Révolution française est ainsi méthodiquement ruinée. J’ai récemment appris que j’avais quelques gènes en commun avec l’un des grammairiens qui ont collaboré à cette mission révolutionnaire. Je ne sais ce qui ferait le plus de peine à Etienne Molard, petit instituteur parti en croisade contre les régionalismes : découvrir que mon mari emploie « déprofiter », un « lyonnoissisme » par lui condamné dans son ouvrage de 1792, que mon père utilise « beurziller », un verbe qu’il n’aurait pas manqué de proscrire s’il eût été breton plutôt que lyonnais, ou bien s’apercevoir que tous les Français ont délaissé « stationnement » au profit de « parking », un mot qui n’est pas même anglais, rappelle Brighelli.
La langue de l’Europe, la langue de la paix, ce ne peut être le globish qui n’est la langue de personne. C’est la polyglossie (ou multilinguisme) qui suppose l’effort du mouvement vers l’autre.

L’humanité en péril

Rien n’est dispensable ni inutile dans le fonctionnement d’une langue, des combinaisons phoniques aux compositions syntaxiques en passant par son lexique. Elle a son génie propre : ce que la plupart des gens se contentent de dire sans trop y croire ni le comprendre, Brighelli le démontre, exemples à l’appui. Or, les programmes reposent sur l’idée que les enfants d’aujourd’hui sont nés plus stupides que ceux d’hier et ne seraient, par conséquent, plus en mesure d’apprendre ni de comprendre les subtilités de leur langue. Brighelli aurait pu dire un mot de la pénible atteinte à l’estime de soi qui en résulte : on vit mal quand on a l’impression d’avoir volé son bac et j’avoue éprouver des difficultés à donner du « cher collègue » à des professeurs qui disposaient sans doute, avant même de commencer à enseigner, d’une culture bien plus vaste que la mienne le sera jamais.
Parce que la langue articulée, conceptuelle et subtile est ce qui arrache l’homme à son animalité, négliger son enseignement est une catastrophe pour l’humanité. Brighelli prononce deux grands mots :
  • « Racisme ». « Pourquoi l’indigène n’aurait-il pas le droit d’apprend la langue qu’ont maîtrisée Senghor, Hampâté Bâ, Césaire ou Ben Jelloun, sinon parce qu’on le méprise foncièrement ? » Notre auteur va plus loin et accuse les pédagos de complicité objective dans la résurgence du djihad :
« On comprend mieux, écrit-il, comment l’islam rigoriste, qui exige de connaître l’arabe classique, a développé ses arguments. Face à une langue française en lambeaux, l’islam wahhabite impose une langue rigoriste, donnée de surcroît comme divine », quand la nôtre est réduite à des « compétences langagières qui appartiennent davantage au verbiage incontrôlé qu’au bon usage ».
Et ce professeur de s’offusquer que l’on valorise la propension des élèves à « s’exprimer », fût-ce par le bavardage (un IPR fait l’éloge du « papotis » !), alors qu’il faudrait « se taire pour apprendre ».
  • « Fascisme ». Brighelli exhume la réforme de l’éducation accomplie par Mussolini en 1923, dont les principes rappellent furieusement ceux qui ont dicté nos récentes réformes :
« en finir avec l’austérité des enseignements traditionnels, expurger l’école de ses éléments dogmatiques et livresques, valoriser les activités récréatives pour laisser s’épanouir l’expression spontanée de chacun, privilégier l’enseignement fonctionnel destiné à faciliter l’insertion professionnelle ».
Déjà, « la haine de l’intelligence ». Et ce fut le philosophe communiste Gramsci qui protesta du caractère libérateur de l’école « désintéressée » et exigeante qui seule rend l’enfant capable d’apprendre à réfléchir afin de diriger sa vie de manière responsable et autonome.
« L’UMP condamne cet acte de barbarisme sans nom »
Cette phrase, placée en tête d’un chapitre, a été prononcée par Jean-François Copé après un attentat suicide en Afghanistan, qui a fait quatre morts et cinq blessés parmi les soldats français. Il faut croire que cet acte n’avait pas de nom, en effet, puisqu’on le réduit à une faute de langue. Mais la confusion lexicale de Jean-François Copé est intéressante car, de fait, l’appauvrissement du lexique, l’assèchement de la syntaxe, l’accumulation des barbarismes, des impropriétés et des trahisons linguistiques sont bien les signes d’un glissement vers la barbarie. Mais la nôtre. Et l’on pense au mot de Sternberger à propos des nazis : « Leur langue est leur barbarie et leur barbarie est leur barbarisme, car parler et penser ne font qu’un ». Tant il est vrai que la dégradation de la langue constitue un coup porté à la civilisation.
Qui osera dire que Brighelli exagère ? Conséquence directe de l’incapacité à mener le combat par les mots, la violence gangrène notre société. L’illettrisme galopant engendre des comportements agressifs. La loi du plus fort reprend ses droits. L’illettrisme n’est pas l’analphabétisme : est illettrée une personne qui, bien qu’ayant été scolarisée, demeure incapable de lire et d’écrire avec aisance. Obtiennent donc leur bac aujourd’hui, et parfois même avec mention, des gens qui sont, à proprement parler, des illettrés. L’illettrisme est une frustration. L’école qui le produit trahit sa mission, son engagement, la confiance des parents, la soif d’apprendre des petits. Elle engendre de la bestialité et, loin de permettre la fermeture des prisons comme le voulait Hugo, cette école causera bien des guerres. Freud disait que la civilisation avait commencé le jour où l’on avait substitué l’insulte à la pierre. Brighelli propose bien quelques solutions et semble fonder quelques espoirs dans la nomination de Jean-Michel Blanquer. N’étaient ces lueurs dans la nuit, son livre apparaîtrait fort comme la chronique d’un retour à l’âge de pierre.