jeudi, avril 19, 2018

Nouvelle flambée d’inquisition féministe en France

Nouvelle flambée d’inquisition féministe en France

***********
Cette violence-là [du vrai viol, style dans nos riantes banlieues] n’a rien à avoir avec ce qui se passe dans une chambre d’hôtel entre un homme qui court un jupon et une femme que personne n’a forcée à être là et qui sait pour le reste à quoi s’en tenir.

Mais chez l’accusatrice, la notion de viol semble se confondre avec la notion de libido. Cette synonymie progressivement nourrie dans les esprits est un sujet majeur pour notre époque: progressivement, c’est le procès du désir et de sa liberté qui est dressé par d’improbables accusatrices. L’argument de l’emprise est ici terrible. Manifestement, la FEMEN était fascinée par cette vedette de théâtre… et elle semble décidée aujourd’hui à reprocher à la vedette la fascination qu’il exerçait sur elle.

C’est peut-être d’ailleurs le principal procès qui est dressé ici : celui de la fascination qu’un homme peut exercer sur une femme.

[...]

On lira notamment cette mesure :

Créer une charte d’engagement destinée aux médias relative à la lutte contre les stéréotypes sexistes. Cette charte posera les grands principes d’une communication non sexiste.

Bien entendu, on comprendra, dans la « communication non sexiste » le principe d’une communication dévalorisant le sexe masculin.

La fin de la campagne anti-masculine n’est pas pour demain.
***********



Macron : fort avec les faibles, faibles avec les forts

Macron faible avec : Trump, Merkel, les islamistes, les zadistes.

Macron fort avec : les catholiques, les contribuables salariés, les honnêtes citoyens, les quelques rares journalistes encore libres.

mardi, avril 17, 2018

Etat de la France : Pierre Vermeren

Au fond, le problème tient dans la boutade de Warren Buffett : « Oui, il y a une lutte des classes et c'est ma classe, celle des riches, qui l'a gagnée ». Exactement ce que pourrait dire Macron s'il avait une once de franchise (on ne risque rien).





Pierre Vermeren : «Ces causes du “populisme” qu'on préfère oublier»

TRIBUNE - La coupure entre élites et classes populaires dans les démocraties contemporaines est un fait établi, mais les ressorts de ce phénomène dramatique restent trop peu étudiés, argumente l'historien*.
La vague «populiste» qui, après les États-Unis et l'Italie, vient à nouveau de submerger la Hongrie d'Orban, est un phénomène international contemporain. Dans chaque pays concerné, le vote contestataire est le fait d'un électorat composite, populaire en majorité, qui cesse de s'abstenir, ou de suivre les consignes électorales de ses représentants bourgeois habituels, pour faire triompher des leaders qui répondent  à ses préoccupations. Des voix non autorisées imposent ainsi leurs priorités de l'heure.
L'hypothèse qu'on défend ici est que le sort fait aux classes populaires et ouvrières des anciennes nations industrielles - dépossédées par la concurrence de l'Asie et par une mécanisation souvent plus idéologique que nécessaire - crée le terreau favorable de ce phénomène, accentué par le repli sur soi des classes aisées. Claquemurées en France dans des forteresses urbaines, littorales et alpines, dans les métropoles, des institutions et réseaux de sociabilité, dans les TGV et avions, elles ne côtoient plus la France (ou l'Amérique) invisible dont elles n'attendent rien, sauf à en redouter le vote.
La « tiers-mondisation » économique et sociale de l'Occident sape ce qui constituait la spécificité des sociétés industrielles avancées : l'existence d'une classe moyenne majoritaire au centre de la société.
La «tiers-mondisation» économique et sociale de l'Occident sape ce qui constituait la spécificité des sociétés industrielles avancées: l'existence d'une classe moyenne majoritaire au centre de la société. Fragilisation et paupérisation des classes moyennes d'une part, et enrichissement du décile le plus aisé de l'autre rapprochent cette société en sablier des sociétés inégalitaires du Sud. Or cette nouvelle société, déjà établie aux États-Unis et dans l'Europe latine, bute sur le suffrage universel, reliquat des sociétés démocratiques dont les fondations ont été inventées par les révolutions du XVIIIe siècle. Le XIXe siècle a promu l'ascension des classes populaires par l'école et la libre entreprise.
Le XXe siècle a forgé un État social tentaculaire pour élargir la classe moyenne. Mais la belle mécanique est en pleine déréliction, puisque les classes laborieuses de l'Occident n'ont plus d'utilité économique (comme l'a révélé l'économiste Pierre-Noël Giraud dans L'Homme inutile), sauf à installer des produits importés (le syndrome Ikea, qui consiste à assembler des biens fabriqués ailleurs). Pour masquer cette triste évolution, l'audiovisuel, qui n'a jamais été si puissant, fait écran entre les préoccupations ordinaires de la population et le récit qui en est donné, de plain-pied avec la société du spectacle.
Qu'il nous soit permis de lister quelques maux qui dressent les classes populaires des pays riches contre leurs élites, libérales comme socialistes, les deux ayant fini par fusionner dans le renzisme, le trudisme ou le macronisme.
Dans les années 1830, Paris était peuplée de 36 % d'ouvriers, chiffre tombé à 5 % aujourd'hui, les élites sociales les ayant remplacés.
La relégation géographique et l'assignation à résidence sont un phénomène connu. Elles se matérialisent par l'expulsion des classes populaires des métropoles, même si immigrés et migrants sont supposés peupler les «quartiers populaires», et par la concentration des établissements scolaires de la réussite dans le centre des métropoles. Dans les années 1830, Paris était peuplée de 36 % d'ouvriers, chiffre tombé à 5 % aujourd'hui, les élites sociales les ayant remplacés.
Les conséquences sont très diverses et sous-estimées: en médecine, les étudiants étant maintenant recrutés dans les classes supérieures des métropoles, les jeunes médecins refusent d'être affectés en dehors d'elles (là où vivent pourtant les trois quarts de la population). Cela oblige à y recruter des médecins venant de pays pauvres, qui en manquent pourtant (Balkans, Asie, Maghreb, Afrique). Il fut un temps où les élites sociales se sentaient investies d'une mission d'éducation, de formation et d'encadrement du peuple, surtout dans une société cléricale comme la nôtre. Cette situation a laissé place à leur désengagement et à leur désinvolture.
Au lieu d'édifier les masses, les plus cyniques proposent aux jeunes le panem et circenses du XXIe siècle : du sexe, du crime et du néant
L'exemple des médias de masse est édifiant. L'ORTF d'antan était peut-être ennuyeux, mais il s'évertuait à éduquer le peuple, en diffusant ce qui était considéré comme le meilleur de la culture artistique et intellectuelle. Mise à l'école du Berlusconi des années 1980 puis de la sous-culture de masse américaine, la télévision, y compris publique, a sombré dans l'indigence. Au lieu d'édifier les masses, les plus cyniques proposent aux jeunes le panem et circenses du XXIe siècle: du sexe, du crime et du néant (la téléréalité offre à ses auditeurs le spectacle de leur propre vacuité).
La France fut jusqu'aux années 1950 un jardin de 140 millions de parcelles appartenant à 10 millions de propriétaires. Ce trésor était connu, entretenu et cultivé depuis des centaines d'années. Par étapes (remembrement, décentralisation qui a transféré le pouvoir de déterminer les zones constructibles des fonctionnaires de l'État aux maires, effondrement des revenus agricoles), la terre est devenue une stricte source de spéculation marchande, et le grand jardin une «zone» revendue à la découpe. Les Français sont devenus les épiciers de leurs propres terres, monnayant à vil prix ce qui constitua la fierté et la richesse de leurs ancêtres. Certaines sont livrées à une agriculture industrielle (de surcroît désormais en crise) et d'autres cédées aux infrastructures (autoroutes et échangeurs du tout-automobile, parkings) et aux activités commerciales et marchandes (entrepôts géants, déchetteries). Dans ce no man's land, qui évoque l'organisation de l'espace aux États-Unis, consommation et destruction de l'espace sont désormais sans limite. Ainsi, l'ancien jardin qu'était la France est jonché de centaines de millions de déchets plastiques que plus personne ne ramasse, comme les autoroutes urbaines d'Île-de-France en offrent le triste spectacle.
À l'inverse de Churchill, qui réduisit fortement dès l'été 1940 les taxes sur le tabac et l'alcool pour doper le moral des travailleurs, nos dirigeants veulent des pauvres vertueux.
La caporalisation moralisatrice des masses, doublée de leur intoxication alimentaire et marchande, nourrit le terreau «populiste». Pour les ouvriers français au smic, fumer un paquet de cigarettes par jour coûtera bientôt 25 % du revenu mensuel. Faute d'argent disponible chez ces mêmes clients, la quasi-totalité des bistrots de France a fermé: il en reste 29.000 sur 600.000 il y a cinquante ans (selon France Boisson). Ainsi est mort un des principaux lieux de sociabilité français, une évolution inconnue en Espagne, dont la «modernisation» fut moins brutale et plus tardive.  À l'inverse de Churchill, qui réduisit fortement dès l'été 1940 les taxes sur le tabac et l'alcool pour doper le moral des travailleurs, nos dirigeants veulent des pauvres vertueux.
L'État peut bien promouvoir le sport et les cinq fruits et légumes par jour, la grande distribution ventile ses produits ultra-transformés.
La grande distribution et la restauration de masse ont aussi reconfiguré la société française. On mange de la perche du Nil à Boulogne-sur-Mer, le plus grand port de pêche d'Europe, du cochon est-allemand en Bretagne ou du cèpe des Balkans à Bordeaux! La grande distribution choisit et définit les fêtes en fonction de stricts impératifs commerciaux: le Nouvel An chinois a supplanté le mardi gras. Et le Coca-frites-burger est souverain pour un Français sur deux, bel exploit. L'État peut bien promouvoir le sport et les cinq fruits et légumes par jour, la grande distribution ventile ses produits ultra-transformés.
La destruction de toute culture héritée et des liens anthropologiques est le dernier étage de cet édifice. Les cultures populaires et professionnelles (langues, fêtes) ont été laminées par excès de jacobinisme et par l'exode rural, sauf dans quelques villes ou régions périphériques de l'Hexagone (Bretagne, Vendée, Nord-Pas-de-Calais, Alsace). Le grand Bassin parisien et le centre de la France ont été déculturés au sens propre. La déconstruction de l'école et le refus de la transmission ont laissé le peuple très démuni, d'autant que des phénomènes complexes se sont intriqués: effondrement du maillage catholique dense jusqu'aux années 1970, arrivée de populations aux systèmes culturels les plus divers et diffusion d'une culture marchande de masse dénuée de toute signification. La construction du sens a fait défaut, projetant ses effets sur les structures familiales (effondrement du couple stable et multiplication des enfants ballottés ou sans père).
Aux États-Unis, cette alchimie complexe a conduit à l'élection de Donald Trump, ainsi que l'a précisément décrite à l'époque la correspondante du Figaro, Laure Mandeville. Elle est désormais en train de ronger l'Europe et détourne les pays d'Europe centrale de l'Union européenne. Si ces mêmes lignes sont poursuivies, le risque est parfaitement identifié.
* Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé et docteur en histoire, Pierre Vermeren a notamment publié «Le Choc des décolonisations. De la guerre d'Algérie aux printemps arabes» (Odile Jacob, 2015) et «La France en terre d'islam. Empire colonial et religions» (Belin, 2016).
Cet article est publié dans l'édition du Figaro du 16/04/2018. Accédez à sa version PDF en cliquant ici











lundi, avril 16, 2018

Moyen-Orient : 2 bonnes synthèses

Une courte mais efficace :



Une un peu plus développée :

Mais que se passe-t-il au Moyen-Orient ?

**********
Tout le monde au Moyen-Orient connait la blague du scorpion et de la grenouille. Un scorpion veut traverser une rivière et demande à une grenouille de le porter sur son dos. La grenouille refuse en lui disant qu’elle craint d’être piquée, ce à quoi le scorpion répond que ce serait idiot de sa part puisque tous les deux se noieraient. Bonne fille, la grenouille, convaincue par l’argument, accepte de faire traverser le scorpion. Au milieu du fleuve, bien entendu, le scorpion pique la grenouille qui avant de couler lui demande » Mais pourquoi as-tu fait ça ? » Et le scorpion de répondre « parce que nous sommes au Moyen-Orient ».

Voila une historiette qui résume parfaitement ce qui se passe là-bas depuis des décennies…
**********

dimanche, avril 15, 2018

Syrie : je pense à Lucrèce

Dans le De natura rerum, Lucrèce dit : « Dans la tempête, il est bon d'être sur le rivage et d'observer un bateau faire naufrage au large ».

C'est exactement ce que je ressens en lisant les journalistes et les chroniqueurs occidentaux, spécialement les Anglais, à propos des actuelles histoires syriennes.

Nous n'avons aucune certitude, la manipulation n'est pas improbable, la circonspection est de mise chez l'honnête homme et eux chargent bille en tête, montent sur leurs grands chevaux, font ronfler les épithètes, donnent des leçons de morale grandiloquentes. Bref, ils se ridiculisent. D'ailleurs, à lire les commentaires sous les articles, il est clair que la plèbe se moque d'eux.

Je préfère être à ma place qu'à la leur.

Mais il est vrai que, s'ils avaient le sens du ridicule, ils auraient changé de métier depuis longtemps.

Guerre extérieure et maintien de la tyrannie intérieure

EDITORIAL : LES ÉLITES ONT CESSÉ DE RECHERCHER LE CONSENSUS, ELLES PASSENT EN FORCE. UNE ANALYSEDE LA SITUATION , Y COMPRIS MILITAIRE.

***********
Les chefs de gouvernements savent bien que leurs actions de guerre et leurs positions de politique étrangères ne sont pas soutenues par les peuples, les peuples en ont marre des guerres, des migrations, de dépenses idiotes et des mensonges qui les accompagnent. Mais les gouvernements ont cessé de rechercher les consensus et les unités nationales nous sommes dans un régime de cynisme généralisé, les gouvernements passent en force et on l’a encore vu ces derniers jours lors des interventions de Macron sur les médias : ils ne sont pas contents , oui et après ?

Le cynisme a remplacé la recherche des consensus et le viol des consentements populaires est devenu une pratique institutionnelle. Il se fait maintenant à la faveur des institutions politiques scélérates qui permettent de construire des majorités bidons, des majorités minoritaires. Les institutions politiques permettent de gouverner sans le peuple grâce au rejet des extrêmes, même si ces extrêmes sont majoritaires.

Toute l’habileté des ingénieurs sociaux et politiques consiste à rejeter les extrêmes hors du champ politique efficace et en même temps à les monter les uns contre les autres, bref on construit des extrêmes et on fait en sorte qu’ils ne puissent s’entendre. Il faut dire qu’ils sont aidés par les simplets qui servent de dirigeants aux (mal)formations politiques extrêmes, je pense à Mélenchon et Marine.

Cette construction permet de gouverner avec les gens sans conviction, les indécis, sans squelette, le marais, le centre, ce que j’appelle le trou du cul de la politique.

Je vous conseille de relire et de réflechir sur mon dernier éditorial dont le résumé est éloquent , il permet de comprendre la liaison étroite, l’articulation de l’intérieur et de l’extérieur et ce au sein d’un même projet des élites: perpétuer leur ordre inique, leur désordre.
***********

Je trouve les texte de Bruno Bertez souvent fumeux, mais, ici, il nous dit que nous vivons une situation très classique : le pouvoir, chez nous, entretient une tension extérieure artificielle (en l'occurrence, avec la Russie) pour maintenir à l'intérieur un ordre politique et social de plus en plus injuste.

Comme c'est classique, nous savons qu'il n'y a que deux issues possibles :

1) La révolution, plus ou moins violente. C'est la moins mauvaise solution dans ce contexte pourri.

2) La maladie de langueur.

Il n'y a pas, en France, d'alternative. Dans les pays anglo-saxons, du fait de leur longue tradition démocratique, il peut y avoir, presque par miracle, un changement de politique radical et pacifique (Trump ? Brexit ?), pas chez nous.

Nous sommes obligés de passer sur le corps de la bourgeoisie macroniste ou de nous résigner au déclin.

Fausse démocratie : la fabrique des preuves

Syrie, Tarnac, Tapie : la comédie des « preuves » comme art de gouverner

Trois exemples de preuves fabriquées comme dans un bon vieux régime communiste.







Syrie : tout ça pour ça

Tout ce foin médiatique pour bombarder quelques les hangars vides. Ridicule. Mais raisonnable application d'une idée conne dès le départ. Il semblerait que Trump et Mattis aient eu un effet modérateur sur le choix des cibles.

Je suis assez content de moi : je m'en doutais, je commence à comprendre Trump. Plus il aboie moins il mord. Evidemment, ce n'est pas ce que vous diront nos crétins des medias, mais je pense que vous avez compris qu'ils sont des ennemis de Trump avant d'être des journalistes (ou plutôt : ils sont des ennemis de Trump parce qu'ils sont journalistes).

Le plus gros défi, peut-être impossible à relever, est la restauration de la crédibilité des occidentaux. Parce que, vus d'ailleurs, d'Afrique d'Asie, nous sommes d'énormes menteurs qui nous cachons derrière les leçons de morale pour défendre nos intérêts, et le plus navrant est que nos détracteurs ont parfaitement raison.

J'ose espérer au moins que mes fidèles lecteurs ne croient pas aux raisons niaises que nos gouvernants donnent, ça serait vraiment atteindre le fond la bêtise.

samedi, avril 14, 2018

Six minutes in May (N. Shakespeare)

Le titre est un clin d’œil au fameux Five days in London.

Nicholas Shakespeare (relation avec William inconnue. NS, pour la suite) raconte les événements tumultueux qui conduisent Churchill au pouvoir en mai 40.

Churchill Premier Ministre, c’est une surprise, et même pas divine, pour beaucoup. Pourtant, un observateur dira qu’elle est le signe le plus clair de l’intervention de Dieu dans l’histoire des hommes, mais ça, c’est après.

Churchill a, dans l’Angleterre d’en haut, une réputation exécrable : brouillon, pas fiable, exalté à tort et à travers, verbeux, trop vieux. Mais chacun reconnaît son énergie. La plupart, dont le roi, préfèrent cependant Halifax. On compte aussi une dizaine de candidats plus ou moins sérieux.

Churchill, en tant que Lord de l’Amirauté, montre tous ses défauts lors de l’affaire norvégienne de Narvik et cela ne l’empêche pas d’être deux jours plus tard au pouvoir suprême. Cette histoire ressemble à un miracle (Bernanos disait que c'était une histoire d'enfants : « Il était une fois, sur une petite île, un grand peuple, seul contre tous ... »).

NS peine à le comprendre parce que, romancier d’origine, il s’attache beaucoup trop aux circonstances et aux personnes et pas assez à la politique. Le fait que Churchill fut le Cassandre de la montée du nazisme est traité quasiment comme une anecdote.

Le débat sur la crise norvégienne qui commence aux Communes le 7 mai 1940 ne semble pas menacer le gouvernement Chamberlain. Mais, tout au long des discours, les heures passant, merveille du parlementarisme anglais, la pression monte. Roger Keyes, avec son uniforme constellé de décorations, étrille les ministres. Puis, Leo Amery assène son terrible « Vous avez occupé cette place trop longtemps pour le peu de bien que vous y avez fait. Au nom de Dieu, partez et qu'on en finisse avec vous ». Chamberlain se défend très maladroitement « Moi aussi, j’ai des amis », ramenant un débat historique à un problème personnel.



Photo (interdite à l'époque) prise en cachette par un parlementaire, de la séance du 7 mai. Chamberlain est debout, en train de parler. On devine Churchill assis.

Le débat reprend le 8 mai, dans une atmosphère électrique, les bancs et les tribunes sont pleins à craquer (Churchill insiste ailleurs sur le fait que la disposition physique des Communes est pour beaucoup dans le fonctionnement de la démocratie anglaise), il fait très chaud. Lloyd George, le « vainqueur » de la première guerre mondial, assassine Chamberlain. La haine entre les deux est palpable. Churchill, à son meilleur, défend habilement son chef, sans se griller.

Le vote a lieu en fin de soirée. Il est minuté par un antique sablier. Les parlementaires doivent choisir entre deux couloirs, l’un Oui, l’autre Non. Ils ont six minutes pour s’y rendre.

Chamberlain garde la majorité, mais très diminuée et, surtout, les parlementaires en uniforme (hé oui, il y avait des parlementaires revenus du front) ont massivement voté contre lui. C’est une humiliation.

Le 9 mai et le 10 mai, Chamberlain s’accroche un peu, hésite à démissionner. Il apparaît clair qu’il faut un gouvernement d’union nationale et que Chamberlain sera refusé par les travaillistes (justement pour son rôle avant-guerre, ce que NS, négligeant la politique, ne voit pas bien). Halifax refuse le poste, NS y voit principalement des raisons personnelles, le manque de couilles. Là encore, il faut aussi prendre en compte la politique. Le destin de Churchill ressemble à celui de Clemenceau : la liste de ses ennemis est très longue, celle de ses défauts encore plus, mais chacun sent, même ses adversaires, que son heure est venue.

On connaît la suite, à son chauffeur qui le félicite, Churchill répond en écrasant une larme : « Je crains qu'il ne soit trop tard. J'espère que non ». Une habileté politique extraordinaire jusqu'en septembre 1940 et un peu au-delà, quelques discours immortels, puis Churchill viré par l'électorat anglais en 1945.

Je suis anglophobe, comme tout Français conséquent, mais j’admire sans réserves le fonctionnement des institutions rosbifs.

Ce n’est pas la vénération de cette saloperie d’Etat de droit des casques à pointe allemands et des connards bien-pensants, genre énarques, prétexte de toutes les saloperies actuelles contre nos pays.

C’est un mélange de tradition, de coutumes et de vieux écrits. C’est beaucoup plus subtil que le juridisme borné. Aucun texte n'obligeait Chamberlain à démissionner, pas plus que Mitterrand en 1986  et 1993 ou Chirac en 1997, mais la tradition voulait qu'un Premier Ministre désavoué démissionnât, ça fait toute la différence. Les pratiques politiques britanniques sont tortueuses, en apparence irrationnelles, mais le résultat est là : à l'époque de Jeanne d'Arc, le pays était cinq fois moins peuplé que la France et assez miséreux. Voyez ce qu'il est devenu.

Bien sûr, le pays parfait n’existe pas et Theresa May, ce n’est pas ce qu’ils ont fait de mieux.

Pendant que les Anglais se donnent Churchill, Reynaud échoue à virer Daladier et Gamelin.





Syrie : un SMS suffit

Cette nuit, les anglo-franco-américains ont bombardé la Syrie.

On m'a envoyé un SMS « On est fou ».

J'ai répondu :

**********
Non, esclaves : les colonies n'ont pas de politique indépendante. Notre maître américain a des raisons de bombarder, nous n'en avons aucune mais nous suivons. J'adore les journalistes, toujours aussi crétins et marionnettes de propagande. Quand c'est Assad, les mots les plus crus sont de rigueur, quand c'est nous, on euphémise, on ne bombarde pas, on « frappe ».
**********

Serbie, Kosovo, Irak 1, Irak 2, Libye ... il est inutile de se fatiguer à tenter de convaincre ceux qui ne tirent aucune leçon de ces précédents.

Quant aux autres, ils ont compris depuis longtemps.

Ce billet s'arrête donc ici.

**********
Nota : pour ceux qui en voudraient plus Caroline Galactéros: «Pourquoi la France ne doit pas s'associer aux frappes en Syrie»

Addendum :

Yves Daoudal :




C'est bien mon impression aussi que Trump a eu un rôle modérateur.

Un journaliste suspendu pour avoir dit «pédé » en privé

Denis Balbir, carton rouge d’une croisade morale



Condamné pour un propos privé anodin (oui,  «pédé » c'est anodin et ça doit le rester, marre des militants qui s'évanouissent au moindre mot de travers et appelent au lynchage au réveil, «pédé » est une insulte française classique et, par définition, les insultes ne font pas plaisir), et il y en a qui font encore semblant de ne pas comprendre que nous vivons sous une tyrannie totalitaire.

On notera la lâcheté de ses collègues, qui ne se sont pas mis immédiatement en grève.

Ce qui est privé doit rester privé. J'appelle régulièrement en privé Brigitte Macron « la vieille peau » ou « la vioque », je ne le répéterais pas en public.


La France d'avant : Caudron.

Photos de l'association Renaissance du Caudron Simoun :


























vendredi, avril 13, 2018

Dira-t-on bientôt « Con comme un évêque » ?

Comme trop peu de catholiques français, je suis anticlérical.

Le prêtre est d’abord un dispensateur de sacrements. Pour le reste, je suis plus que méfiant. Et mon mépris grandit à mesure qu’on grimpe dans la hiérarchie, jusqu’au sommet.

L’actualité n’a vraiment rien pour me rassurer.

Heureux comme Macron chez les évêques

***********
Derrière cette étrange démarche de la Conférence des évêques de France, puissance invitante au moins officiellement, qui suscite un certain malaise chez beaucoup de catholiques et même de non-catholiques, une nostalgie secrète du temps d’avant la Séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905. Quoiqu’ils célèbrent souvent la laïcité, les évêques ressentent encore cette séparation comme une blessure : « Le lien entre l’Eglise et l’Etat s’est abîmé, et il nous importe de le réparer. » dit Macron. Peut-être y a-t-il de bons motifs à ces regrets, mais ce n’est pas une raison pour faire fête à un chef d’Etat qui fait mine de vouloir revenir dessus.
***********

Éric Zemmour : "Le jeu élégant mais dangereux de Macron avec les catholiques" et vice-versa.

jeudi, avril 12, 2018

États-Unis / Russie : David contre Goliath

Il ne faut jamais oublier, comme l’a d’ailleurs rappelé Trump, que la Russie est un nain économique, ce qui lui interdit le statut de grande puissance.

Un jour, Schauble a dit : « Je torture les Grecs pour que les Français et les Italiens entendent leurs cris ». Une jolie phrase, très allemande, qui rappelle d’excellents souvenirs (décidément, il faut être con comme un énarque pour se mettre avec enthousiasme aux ordres de Berlin).

Trump pourrait dire : « Je torture les Russes pour que les Chinois entendent leurs cris ».

On notera le relatif silence de Pékin, signe probable que la guerre commerciale de Trump n’est pas si bête.

lundi, avril 09, 2018

Syrie : l'incendie du Reichstag, c'est tous les jours.

Le bombardement médiatique anti-russe, notamment des medias anglo-saxons, me rappelle furieusement la montée vers la guerre du Golfe de 2003.

Mêmes accusations d'atrocités avec des « preuves » qui n'en sont pas. Mêmes comportements supposés stupides des dictateurs dignes des méchants de dessins animés hollywoodiens (pourquoi Assad irait-il user de gaz alors qu'il a gagné ?). Même hystérie des commentateurs « il faut faire quelque chose tout de suite, sans attendre, sans réfléchir, sinon on est des Munichois ».



Les journalistes sont trop cons, ils n'apprennent jamais rien, mais nous ?

Visiblement, je ne suis pas le seul à avoir de très sérieux doutes sur l"histoire qu'on nous raconte  : The Guns of April:Are we in a pre-War era, right now?

Le premier geste, salvateur, c'est de débrancher la télé et la radio, de vous mettre dans votre fauteuil et de réfléchir calmement, avec l'oeil de l'observateur de Sirius, comme si ces événements ne vous concernaient pas.

Quels sont les intérêts des acteurs d'une guerre avec la Russie ?

> les Etats-Unis, c'est clair : affaiblir la Chine en affaiblissant un de ses alliés. Maintenir son imperium par la peur du désordre en cas de changement.

> l'Allemagne, c'est clair aussi : la Russie l'empêche de dominer l'est sans partage.

> la Grande-Bretagne : c'est déjà beaucoup moins clair. Certes, la stratégie britannique a toujours été : pas de puissance dominante sur le continent. Mais la Grande-Bretagne doit-elle craindre la domination continentale de l'Allemagne ou celle de la Russie ?

> la France. Là, je ne vois pas. Au contraire, la France a tout intérêt à s'appuyer sur la Russie pour se délivrer du joug allemand.

Bien sûr,  nous discutons dans le vide : si les Etats profonds américain, britannique et français (l'Allemagne poussera le feu mais restera lâchement sur la touche) ont décidé que la guerre aurait lieu, rien ne l'empêchera, même pas Trump.

Et Macron n'aura pas le courage iconoclaste de Chirac.

Au fond, mon analyse de la situation est simple et terrifiante. Une guerre avec la Russie serait un excellent dérivatif pour l'hyper-classe mondialiste de toutes les remises en cause qui lui sont tombées dessus, qui continuent à lui tomber dessus et de celles aussi qui se profilent à l'horizon. La Russie, qui fait de plus en plus figure de contre-modèle malgré ses énormes défauts, est l'objectif idéal.

Si j'étais Kim, en Corée du Nord, j'en tirerais une conclusion : les Etats-Unis sont trop belliqueux pour pouvoir leur faire confiance, rien ne vaut, comme protection, la dissuasion atomique.

Enfin, un rayon d'espoir : Trump n'arrivera pas à empêcher cette guerre si elle est décidée. Mais il pourra en rendre le cours moins catastrophique, en faisant beaucoup de bruit et peu de mal.

Et un deuxième : ce genre de cinéma, ça prend quand même un peu moins qu'en 2003 : la défiance des peuples vis-à-vis de la parole « officielle » des fauteurs de guerre relayée par les médias est palpable. Mais nous ne sommes plus en démocratie, alors cela ne compte pas beaucoup.

Quand tout est dit, je suis pessimiste : les mangeurs de peuples sont aux commandes. C'est cela, le vrai problème.




dimanche, avril 08, 2018

Les Anglais abandonnés, et vus d'un mauvais oeil, par leur police

Our police are as up to date as flares and Watneys Red Barrel

Peter Hitchens décrit les mêmes problèmes qu'en France.

Les policiers ne sont pas de méchants hommes mais ils sont au service d'un Etat et d'institutions imprégnés d'idées gauchistes sataniques : l'honnête homme est suspect par principe, la défense de la propriété immorale et le criminel une victime.

Et la police anglaise est à son maximum de motivation quand il s'agit de préserver son monopole de la violence pour rétablir l'ordre. Si on laissait les particuliers user de la violence pour rétablir l'ordre, on s'apercevrait que leurs critères ne sont pas ceux de la police et qu'ils font mieux le boulot. Hors de question.

Comme tous les monopoles qui négligent leur mission, la police est d'autant plus féroce dans la défense de son monopole qu'elle est moins efficace.






Ils vont finir par me rendre Jean-Vincent Placé sympathique, ces cons là !

Encore des commentaires pris chez Philippe Bilger :



La vie est injuste, certes J-V Placé n'est pas très reluisant mais en faire tout un pataquès pour une soirée bien arrosée, où va-t-on ?


Procès et tout le toutim en grande pompe... On ne peut plus bouger le petit doigt, que celui qui n'a pas fêté un peu lourdement un événement me jette la première pierre.

Etudiant à l'époque, la maréchaussée savait faire la part des choses, on ne peut plus rien faire, sous couvert de féminisme sans doute légitime tout a dérapé, tout est hypertrophié, démesuré, on confond tout, la liberté en moins à chaque fois, bientôt on ne sortira plus de chez soi.
Episode pas très glorieux de notre Vert national, mais de là à en faire un délinquant avec procès, je crois que le bon sens s'enfuit de partout, "mort aux vaches" souvent entendu et jeté par des SDF, mérite-t-il la prison ou le jugement pour autant ?
J-V Placé est un pur produit de cette génération prête à tout pour un maroquin, détestable profiteur des avantages délicieux du Sénat et autre poste, mais sans aucun doute trop exagérée cette vindicte d'une médiasphère avide de people qui fait vendre.
La société est devenue folle.
Pendant ce temps, aucune publicité pour ces traîtres à la Nation
https://www.ladepeche.fr/article/2018/04/03/2772454-une-cour-speciale-pour-les-deux-toulousains-jihadistes.html,, leurs actes abominables passent inaperçus ou presque, ils n'auraient même pas mérité le prix de la corde et pourtant eux ils n'avaient rien bu.



@ Giuseppe | 07 avril 2018 à 14:32

Un Vert ça va, mais trois verres (ou plus) bonjour les dégâts !
Pauvre J-V Placé, après ses propos de pilier de bar, je doute qu’on le revoie un jour dans le marigot politique.
Dire à un vigile "on n'est pas au Maghreb ici, je vais t'envoyer à Ouagadougou dès le premier vol", lui qui est né à Séoul et qui n’a pas vraiment le morphotype du Français « de souche », ça ne manque pas de saveur.
Mais il est vrai qu’avec 1,16 g d’alcool dans le sang on a tendance à oublier les règles qu’on demande aux autres de respecter…


Il fut un temps, en France, où on traitait les poivrots avec un certain amusement, sans en faire un drame : une nuit en cellule de dégrisement et, hop, dehors avec un coup de pied au cul.

Maintenant que les "pétasses bitophobes californiennes" (copyright Desproges) ont pris le pouvoir et donnent le ton de la bonne société, et aussi, hélas, de la loi, zéro humour, zéro distance, on prend tout au sérieux et au tragique et voilà le retour des précieuses ridicules qui font la police du langage et prohibent l'alcool.

Elles (ce "elles" englobe, une fois n'est pas coutume, des hommes) me rendent JV Placé sympathique. C'est un exploit !

Le monde dans lequel nous vivons est vraiment un monde de merde. On doit être bien au fin fond de l'Australie, avec les kangourous.

samedi, avril 07, 2018

A peu près la France

Ce commentaire piqué chez Philippe Bilger, qui me semble une bonne synthèse du processus de décadence liberticide et anti-démocratique en cours :

*******
@ Mary Preud'homme

« Nous vivons dans un pays où le droit d'expression est à peu près respecté. »

C'est le à peu près qui me dérange.

Un pays où le droit à la vie serait à peu près respecté, où la personne humaine serait à peu près respectée, où la propriété serait à peu près respectée, où la famille serait à peu près respectée, où la liberté religieuse serait à peu près respectée, où la sécurité de chacun serait à peu près respectée, où le droit à une information objective serait à peu près respecté, où le droit à des élections honnêtes serait à peu près respecté, où le droit à bénéficier d'un procès impartial serait à peu près respecté, où le droit d'appeler un chat un chat serait à peu près respecté etc. serait-il vivable ?

Au fait, ce pays, c'est la France actuelle ...

Rédigé par : Exilé | 06 avril 2018 à 08:43
*******